30 janv. 2015

Nocturama lu par Hugues Robert


 « Un puissant flow poétique onirique, habité de redoutable réel halluciné. » 


© Gaël Bonnefon


Notre précédent billet présentait la note de lecture que Hugues Robert a consacré à Quoi faire de Pablo Katchadjian. Toujours sur son blog Charybde 2, le libraire s'est penché avec un même bonheur sur le deuxième titre de la collection Poc ! : Nocturama de G. MAR. Extrait : 
« Mêlant en un flot liquide qui, sous l’apparence du spontané et de l’aléatoire, développe soigneusement une construction rigoureuse associant redoutables images du monde, rebattues ou cachées, et potentielles idiosyncrasies d’un auteur au sommeil éveillé, ces rêves cauchemardesques et ces délires idylliques substituent aisément une lecture sociale et politique de la culture telle qu’elle va à une présence par trop intime, illuminations (Rimbaud, comme le rappelle Claro, irriguant largement ce texte) autrement plus éclairantes qu’une exploration freudienne ressassée d’un inconscient qui l’est de moins en moins. »
Hugues Robert, in Charybde 2, 22 janvier 2015. Lire l'article complet 

À noter que le livre de G. MAR, au même titre que celui de Katchadjian, figure parmi les "coups de cœur" de la librairie Charybde.

129 rue de Charenton 
75012 Paris 


Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, de G. MAR
Le Grand Os, nov. 2014. Collection Poc ! 

27 janv. 2015

Quoi faire | l'avis des libraires (2)


collage (détail) : Valeria Pasina

Quoi faire ? – Lire Quoi faire !

C'est aussi l'avis, semble-t-il, de Hugues Robert, de la librairie Charybde dans le 12e à Paris. Sur son blog de lecteur et libraire (ce n'est pas une redondance, hélas), il offre du livre de Pablo Katchadjian une chronique fort aimable et bien sentie, larges extraits à l'appui, dont le titre à lui seul vaut tous les discours : "Enthousiasmante mathématique onirique du foisonnement romanesque". ¡Chúpate esta mandarina!, comme on dirait en v.o. Plus étonnant encore, celui qui suit (de discours) se hisse sans vergogne à la hauteur de son chapeau. Où l'on se prend à rêver que, de Charybde en…, tous les libraires de France... Mais trêve de victimisme, restons tout à notre joie, en partageant, par exemple, un échantillon de l'article : 
« S’amorçant comme un rêve autorisant les sauts brutaux de réel en irréel et d’irréel en réel au détour de chaque phrase, ces cinquante longs paragraphes orchestrent très vite une véritable sarabande du sens, qui n’entreprend (et réussit !) pas moins que de nous montrer, règle à calcul délirante en main, une mathématique du foisonnement romanesque, entrelaçant non pas à l’infini, mais dans une ronde sauvagement déterministe l’entrelacement de situations et de motifs qui pourraient sembler allègrement incongrus s’ils n’étaient comme autant de variations sur le passage à la limite, la recherche d’une possible asymptote, du récit tel qu’il est, toujours, dynamitable. « Quoi faire » de la narration et des personnages, nullement en quête d’auteur, ni en réalité de réponse et de sens, mais bien plutôt d’épuisement de leurs possibilités heuristiques ? »
Hugues Robert, in Charybde 2, 23 janvier 2015. Lire l'article complet

La librairie Charybde est une enseigne exclusivement dédiée aux livres de fiction, neufs et d'occasion. On nous en dit de tous côtés le plus grand bien (il y a un bar juste à côté pour boire un café en attendant l'heure de l'ouverture, midi en semaine, sauf le lundi et le mardi où c'est fermé – mais que font-ils alors ? ils lisent ?) 
On y trouve depuis quelques jours les deux titres de la collection Poc ! : le sus-nommé Quoi faire et Nocturama de G. MAR, dont Hugues Robert a également parlé sur son blog (nous y reviendrons). 
Voici une librairie, courez-y ! (si vous fréquentez plutôt Le comptoir des mots dans le 20e ou la belge librairie Ptyx, on ne vous en voudra pas – voir un précédent billet – sinon, pas d'excuse !). 

Librairie Charybde, 129 rue de Charenton, 75012 Paris 



Quoi faire, roman de Pablo Katchadjian (éd. Le grand os, mai 2014)  
traduit de l'espagnol (Argentine) par M. Gómez Guthart et A. Diaz Ronda.


Allez, on se le répète une dernière fois, pour le plaisir et pour la route :  
Enthousiasmante mathématique onirique du foisonnement romanesque...

26 janv. 2015

Nocturama lu par Guillaume Contré


Affiches de Gaël Bonnefon, Toulouse, décembre 2014

Dans Le Matricule des anges de ce mois de janvier 2015, on peut lire cette note de lecture de Guillaume Contré à propos de Nocturama de G. MAR
« "Je m’enfonce dans la tourbe jusqu’aux chevilles le crâne de mes quinze ans déniché dans une fosse commune entre les mains". On ne rigole pas à toutes les pages en lisant les "textes-rêves" parfois cauchemardesques qui tissent la curieuse mosaïque du premier livre du mystérieux G. Mar ("né dans les Ardennes au milieu des années 70"). Faisant suite au remarquable Quoi Faire de Pablo Katchadjian, il s’agit du deuxième opuscule de l’intrigante collection "Poc !" du Grand Os.
Une logique onirique rythme donc cette écriture du fragment et de l’inversion ; du souvenir réel soudainement devenu apocryphe ; de la narration entrecoupée d’autres narrations ; de paradoxes ("Notre crime est là devant nous alors que nous ne l’avons pas encore commis") ; de réminiscences cinématographiques (Hiroshima mon Amour ; Orange Mécanique…) ; d’associations d’idées ou d’images inquiétantes ("des sympathisants du général Pinochet déversent depuis les fenêtres des sacs de cocaïne") ; etc.
Le narrateur (le rêveur, l’auteur) passe insensiblement de Rouen à Chicago et croise des jeunes filles "moulées à l’ombre des boutiques", dont les "yeux disparaissent sous leurs soutiens gorges", se trouve (avec qui ?) à un moment donné dans "une ville du Sud de la France (à moins que ce ne soit la Crimée)", a de "larges flopées d’air [qui] sortent de [s]a bouche pour faire éclater la surface redevenue plane de [s]es couvertures" tandis que "par la fenêtre le ciel immense se couche par nappes de lumière" et qu’il aperçoit "un grand navire au loin sur la Meuse chargé de tous nos morts".
Angoissée, parfois ironique, lyrique mais exempte de toute emphase, l’écriture de G. Mar est forte d’une belle capacité à créer des images puissantes et à suivre une intuition généreuse. Les scènes se mêlent, se croisent et se confondent en une singulière cosmogonie. »
Guillaume Contré, in Le Matricule des anges n°159, janvier 2015

Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, de G. MAR
Le Grand Os, nov. 2014. Collection Poc !  

2 janv. 2015

Voyage en Bonhomie / Ana Tot

Après L'amer intérieur, Ana Tot retrouve la Collection de l'umbo, enseigne éditoriale on ne peut plus discrète, menée joyeusement par le peintre Jean-Pierre Paraggio et sise depuis quelques années à Toulouse. Avec un frontispice d'Antonio Ramirez, ce Voyage en Bonhomie, poème en trois mouvements, est publié dans la série Passage du sud-ouest, collection de plaquettes à la modestie élégante. 


titre : Voyage en Bonhomie
auteur : Ana Tot 

16 pages / 15 x 21 cm  
éd. Collection de l'umbo / série Passage du sud-ouest 
frontispice d'Antonio Ramirez 

parution : décembre 2014

5 (port compris) 




  

Rappel - dans la même collection

titre : L'amer intérieur (Luca l'irascible)
auteur : Ana Tot
  
16 pages / 15 x 21 cm  
éd. Collection de l'umbo / série Passage du sud-ouest 

parution : décembre 2012 
 
 5 (port compris) 

À lire : une note de lecture de Typhaine Garnier sur Sitaudis
 


On peut commander ces deux plaquettes auprès du Grand os ou sur le site Les Minutes de l'umbo, ou encore en s'adressant directement à Jean-Pierre Paraggio

29 déc. 2014

Cette fille à la peau verte / Christophe Macquet


 
Quelques exemplaires d'un nouveau livre de Christophe Macquet sont arrivés dans la boîte aux lettres du Grand Os, envoyés de l'État du Kérala en Inde, où l'ouvrage a été publié par l'éditeur D C Press. Cette fille à la peau verte est le troisième de la collection des livres muets de l'écrivain-photographe. D'autres suivent déjà (nous en reparlerons bientôt) édités quant à eux en Arménie où l'auteur a séjourné l'an dernier. Muets parce que se passant allègrement de toute écriture ou presque (la langue zarbi de la couverture est du malayalam), ces livres de photographies sont des raretés, d'abord par leur faible tirage (50 exemplaires maximum), ensuite par leur étrange genèse depuis les quatre coins du monde, enfin par leur contenu d'une beauté à la fois énigmatique, ésotérique et pirate. 


Cette fille à la peau verte est constitué de 26 images que Macquet lui-même nomme des réinjections, c'est-à-dire des photographies de ses propres photographies affichées sur l'écran d'un ordinateur. Quant à la nature des prises de vue originales, réalisées en mars-avril 2014 à la Pointe de la Crèche-Wimereux-Ambleteuse (ce qui prouverait que l'auteur s'aventure encore parfois dans notre douce – aigre-douce ? – France) l'auteur parle à leur sujet de maréidolies, un bien joli mot-valise créé à partir de marée (basse) et de paréidolie (d'après Wikipedia : "sorte d'illusion d'optique qui consiste à associer un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable, souvent une forme humaine ou animale"). Pas tout un programme, non pas le genre de la maison — mais tout une poétique, ¡sí señor! 





titre : Cette fille à la peau verte
auteur : Christophe Macquet 
   
26 photographies couleurs / 28 pages / 23 x 16 cm / éditions D C Press (Inde)
Tirage limité à 50 exemplaires numérotés et signés 
parution : novembre 2014  

20 (+ 1,50 € frais de port)

N'hésitez pas à contacter Le Grand Os si vous désirez acquérir cette petite perle à la peau verte. 

À lire : un récent article d'Éric Dussert à propos des derniers livres de photographies de Christophe Macquet (voir le billet précédent ou cliquez ici

19 déc. 2014

Macquet photographe (4) par Éric Dussert


photo : C. Macquet - Banlieue d'Erevan, 14 janv 2014

À l'occasion de la parution de L'Oiseau, récit physique, ainsi que de plusieurs livres muets de Christophe Macquet (nous y reviendrons en détail ici très bientôt), Éric Dussert dresse un portrait haut-en-couleurs du photographe-écrivain-globe-trotter sur son Alamblog. Mise en bouche :
« C'est un franc-tireur au pied léger, un indépendant armé d'imagination jusqu'aux dents qui bousille les têtes de gondole sans l'avoir toutefois bien remarqué. Un débouleur. Un ruineur de commerce diront les gens du métier, un punk apatride, un électron libre.
Il convient donc de prêter attention à cette œuvre étrange et attirante, rendue plus précieuse encore par les mystères de sa conception et de ses pérégrinations. La façon dont elle arrive jusqu'à nous est, pour commencer, le premier de ses enjeux, partant de ses charmes.
Enfin de l'air frais. »
Éric Dussert, in L'Alamblog, 19 déc. 2014. Lire l'article complet

L'Oiseau, récit physique, de Christophe Macquet. 82 photographies couleur. 88 p. Le Grand Os, nov. 2014. 
 

11 déc. 2014

Nocturama lu par Claro


peinture : León Diaz Ronda
 
Sous le titre "Eclipses à mains nues – G. Mar hypnagogique", Claro signe sur son Clavier Cannibale un papier fort pertinent et réjouissant à propos de Nocturama, le deuxième volume de la collection Poc ! 
Cerise sur le gâteau, son propos est illustré d'une peinture de León Diaz Ronda, dont on pourra reluquer quelques reproductions ici-même ou là-même, entre autres.

Extrait de la note de lecture : 
« G. Mar profite du brouillage des frontières entre rêve et réalité pour distiller des scènes qui, si elles semblent basculer dans le camp de l'onirisme, n'en restent pas moins pétries de réalité ordinaire, une réalité hantée par la guerre, la fuite, les villes en ruines, les rencontres impossibles, les paysages de l'enfance… Errant, menacé, à la fois acteur et témoin, son narrateur qui résiste au récit pour mieux percer la croûte des apparences, demeure un voyant aveuglé. Les lieux, mystérieusement, sont interchangeables, Berlin peut devenir Jérusalem à la faveur d'un mur, Chicago laisser la place à Rouen… Seule compte la fulgurance de sensations qui permettent à l'écriture de traverser transversalement divers états et expériences, des sensations qui se chassent et s'enchâssent tandis que passé, présent et futur s'ordonnent et se réordonnent selon d'autres logiques que celle de l'histoire. »
Claro, in Le Clavier Cannibale, 10 déc. 2014. Lire l'article complet

Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, de G. MAR
Le Grand Os, nov. 2014. Collection Poc !

10 déc. 2014

Nocturama lu par Philippe Annocque


© Gaël Bonnefon

C'est au tour de Philippe Annocque, sur son blog Hublots, de consacrer une jolie note de lecture, avec extraits choisis, de Nocturama de G. MAR. Premières lignes :
« On pourrait être tenté de croire que pour dire le monde il suffirait de le regarder, les yeux ouverts, écarquillés même pour plus de clairvoyance, en pleine lumière. L’esprit lucide. Mais on sait bien qu’on ne voit que la surface du monde. L’évidence cacherait l’essentiel s’il y en avait un – on n’en sait rien. Alors autant fermer les yeux. On le voit quand même, le monde, on s’y voit aussi, même. Et ce qu’on y voit, c’est autre chose. Ou bien la même chose, mais autrement. En perpétuelle découverte… »
Philippe Annocque, in Hublots, 9 déc. 2014. Lire la suite
  
Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, de G. MAR
Le Grand Os, nov. 2014. Collection Poc ! 

2 déc. 2014

Nocturama lu par Romain Verger


© Gaël Bonnefon

Un extrait ci-dessous de la note de lecture inspirée que Romain Verger consacre sur son site à Nocturama de G. MAR :
« Faulkner, Resnais, Dreyer, Lynch, Kubrick, Hitchcock et bien d’autres participent de cette fresque hallucinée dans laquelle on circule comme en rêve, où plutôt comme dans un cauchemar, vécu et revisionné. Les gros plans alternant avec les vues aériennes, les accélérations, les arrêts sur image, les retours en arrière et les morts imminentes toujours rejouées (comme ces flics en carton qui ne cessent de vouloir percuter le narrateur de leur voiture) indiquent les brisures, les accrocs et les motifs obsessionnels de la narration. Déroutant à plus d’un titre, ce diorama en mouvement où s’appréhende l’identité tout autant que l’Histoire compose une sorte d’anamnèse hyperesthésique où les catégories du temps et de l’espace se superposent et se fondent en un chronotope frénétique et détraqué. Dans Nocturama, tout commence par la fin, dans un décor d’Ardennes post-apocalyptique où les habitants d’un bidonville s’apprêtent, sacrifiant au rite de la crémation, à brûler le cadavre du narrateur sur un lit de pneus et de détritus. Incinération qui prélude à la dissémination de ses cendres dans les strates de l’Histoire, selon un processus inverse de la remontée au jour du corps évoqué d’Ötzi, un homme découvert par des randonneurs, que la fonte d’un glacier en 1991 avait exhumé de la préhistoire. »
Romain Verger, in Membrane, 1er déc. 2014. Lire l'article en entier
  
Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, de G. MAR
Le Grand Os, nov. 2014. Collection Poc ! 

1 déc. 2014

Peintures de León Diaz Ronda (2)



Deux expositions de peintures de León Diaz Ronda en décembre 

cliquer sur les images pour les agrandir











10 passage de la Cathédrale, 74000 Annecy 
4 décembre 2014 – 3 janvier 2015 
  
56 rue Trivalle, 11000 Carcassonne
21 novembre – 31 décembre 2014 


León Diaz Ronda

Voir d'autres images de l'artiste : Peintures de León Diaz Ronda (1) 

7 nov. 2014

Nocturama : textes-rêves & hypnagogies / G. MAR



titre : Nocturama : textes-rêves & hypnagogies
auteur : G. MAR 

96 pages / 13 x 18 cm / dos carré collé 
couverture à rabats (photographie : Gaël Bonnefon - conception graphique : t2bis
isbn : 978-2-912528-21-6 / éditions le grand os / collection Poc ! 

parution :  14 novembre 2014 

12 € (+ 1,50 € de frais de port)  



4e de couverture

Des villes s’écroulent dans des expériences de mort imminente – Des mercenaires virtuels traversent plusieurs guerres, exhumant au passage l’histoire familiale du rêveur de la fange des siècles – Une descente dans les limbes d’un continent sud-américain le mène jusqu’à la révélation d’un soleil fondu dans la bouche – Une fille conduit sous acide dans un paysage de campagne parsemé d’industries appelées à s’écrouler à la suite du mur de Berlin – Un amour de jeunesse refait surface sous les traits du personnage de Caddie dans Le bruit et la fureur de Faulkner – Des flics américains en carton déferlent toutes sirènes hurlantes jusqu’au seuil d’une inquiétante maison freudienne – Des images des attentats du 11 septembre défilent en boucle sur les eaux sénégalaises du Saloum… 

Passablement étrangers à la psychologie des profondeurs, aux grandes effluves de l’introspection comme aux simples fantasmagories de l’absurde, les "récits" qui composent Nocturama esquissent la cosmologie mentale d’un monde en première personne du singulier dont la physique particulière, et les lois qui en régissent l’ordre sensible, est sourde aux règles de la narration bien comprise (espace homogène et temps des horloges). Si les rêves appartiennent ainsi à des temps pré-historiques (pré-narratifs), reste qu’ils s’ancrent dans l’inéluctable biographie du rêveur – son propre passé – mais aussi l’histoire impersonnelle à laquelle il appartient : l’histoire familiale en premier lieu (reçue en héritage), et l’Histoire tout court, ce cauchemar dont on essaie de s’éveiller comme le souligne Stephen Dedalus dans Ulysse. Mixte de matière personnelle et impersonnelle, ce recueil fait signe vers ce qu’on pourrait appeler de nouvelles mécaniques lyriques.
L'auteur 

G. MAR est né dans les Ardennes au milieu des années 70. Il est l’auteur des Notes, sans partition, publiées sous le titre The Beat Degeneration par D-Fiction (édition numérique, 2014). Deux courts textes de l'auteur ont également paru dans le numéro 5 de la revue LGO (Le grand os, 2012). Il anime le blog La Part du mythe.

Entretien avec l'auteur sur son site 
(cliquez sur les liens ci-dessous)

 

Revue de presse 

«  Flow saisissant, mobilisant ses décors de flamme et de fureur pour mieux offrir ses rares haltes haletantes et toujours comme menacées, pétri du contemporain glacé comme de l’historique halluciné, Nocturama offre une rare expérience à la lectrice ou au lecteur, dans laquelle il faut s’immerger, sans espoir de relaxation, la crainte au cœur, la poésie et la beauté explosant à chaque ligne dans d’incrédules neurones. » 
Hugues Robert, in Charybde 2, 22 janvier 2015. Lire l'article

«  Angoissée, parfois ironique, lyrique mais exempte de toute emphase, l’écriture de G. Mar est forte d’une belle capacité à créer des images puissantes et à suivre une intuition généreuse. Les scènes se mêlent, se croisent et se confondent en une singulière cosmogonie. »
Guillame Contré, in Le Matricule des anges n°159, janvier 2015. Lire l'article

« Textes incandescents et précis à la manière de ces parades sauvages dont un autre Ardennais avait la clé, textes mobiles, mouvants, où la conscience, changée en prisme, rend tout plus intense et, du coup, plus réel (…) Ce sont, pour reprendre l'expression de Max Blecher, d'autres "aventures dans l'irréalité immédiate". Alors n'hésitez pas: illuminez-vous, irradiez-vous, lisez G. Mar. » 
Claro, in Le Clavier Cannibale, 10 déc. 2014. Lire l'article complet

« Se dessiner à l’aveugle des signes sur le corps c’est peut-être aussi tout simplement ce que fait G. Mar dans ce livre. » 

Philippe Annocque, in Hublots, 9 déc. 2014. Lire l'article

«
Nocturama relève tout autant de l’écriture de soi, d’une sorte d’autobiographie fragmentaire et pulvérisée par laquelle l’identité narrative se vaporise dans le dédale de l’Histoire, se diffracte avec l’espace, ou s’éprouve et se rassemble selon des logiques complexes qui tiennent tout autant de l’inconscient que du fantasme géopolitique et de la contre-utopie. Ainsi, le récit est constamment parasité par les souvenirs du propre passé du narrateur dont l’adolescence est le point focal (virées en voiture, amours de jeunesse, amitiés et deuils), lorsqu’ils ne servent pas d’emblée d’amorce et d’aimant à l’afflux historique. »
Romain Verger, in Membrane, 1er déc. 2014. Lire tout l'article

31 oct. 2014

Nocturama de G. MAR | extrait


© Gaël Bonnefon

« (…) GRAND FLASH par-dessus les toits depuis les trottoirs jusqu’aux culs d’énormes cumulus accrochés aux toits des usines et alors – je les vois qui se penchent sur mon cercueil tels les anges picaresques de la désolation punk : toutes ces têtes cramées qui peuplèrent mon monde avant la chute du mur de Berlin – ils me rendent visite en procession et soufflent en chœur des paroles étranges à mes tympans malades – de toute évidence je suis mort d’une otite pendant mon sommeil – à leur tête Maurice se penche sur moi – son vrai nom c’est Cédric – la dernière fois que je l’ai vu il était croque-mort et portait un costard trop grand – c’était à l’enterrement de mon grand-père, il portait le cercueil alors qu’à l’époque du collège il avait ce truc éclipse totale des genres qu’il mêlait avec un franc mauvais goût : veste kaki cloutée à son pseudo par-dessus un maillot de foot rouge et vert aux couleurs de la ville un bas de jogging bleu ciel et des santiags noir et or ; penché sur moi il m’apprend que sa mère, militante communiste, est morte dans une collision avec un camion-citerne alors qu’elle remontait l’autoroute à l’envers dans sa voiture sans permis et le voici de nouveau en costard – son visage affichant toutes les contractions hypocrites des ouvriers du deuil…

je suis bien deux mètres sous terre, par-dessus l’horizon n’est qu’un rectangle de boue découpé dans un ciel étoilé quand j’aperçois un grand navire au loin sur la Meuse chargé de tous nos morts. Un jour peut-être qu’ils se réincarneront en buissons et le soir même prendront feu et les gaz de tous leurs corps décomposés recomposés parleront la langue de l’éphémère dans un grand pschitt instantané comme l’éclair ou un pétard mouillé dans la nuit de l’Être. Au seuil nihiliste d’un grand cauchemar qui commence… je parle cette drôle de langue et Maurice qui opine de sa tête préraphaélite, l’air songeur…

des drôles très solides – le monde glisse entre les mains des anges de la désolation punk par mottes de boue sur mon cercueil et je les regarde partir des canettes à la main – ils se déhanchent comme des épileptiques en se frappant la tête avec de vieux vinyles… Nous avions seuls la clef de ces parades sauvages. Christelle se colle du rouge à lèvres autour des yeux – Jimmy s’accroche des centaines de cadenas à la ceinture – Annabelle un chiffon imbibé de K2R sur le bas du visage cligne à toute vitesse des paupières dans ma direction – Marc a les pupilles dilatées à la taille de boules de billard et couve un affreux rictus de gosse fou – Fresse jongle avec des haches à découper les poulets en crachant du feu – Maurice assène des coups de poing stroboscopiques au vide – Bastos se perce les oreilles avec des aiguilles à tricoter – Isabelle conduit en état d’ivresse dans un décor de cambrousse et de carcasses de tracteurs plantées en bord d’une route pleine de chats dégoulinant d’huile de moteur et d’insectes affairés à la copulation ou la ponte – nous nous rendons tous les deux dans un bar de village où l’écriteau « Interdit de servir de l’alcool aux mineurs » n’est accroché au-dessus des bouteilles qu’à des fins de déco – elle a le visage crispé dans un inextinguible sourire comme si les molécules d’un gaz hilarant s’étaient emparées des muscles de sa mâchoire tandis que tous les anges de la désolation punk me sourient depuis un point vague et lumineux par-dessus mon rectangle de boue découpé dans le ciel étoilé – grimaçants ils agitent la tête au rythme d’une musique inaudible sur laquelle tentent de se caler sans y parvenir de multiples coups de pelle plongée dans un mélange de terre argileuse et de gros cailloux… Énorme pression au niveau de l’abdomen préfigurant une irrésistible envie d’exploser de rire à en crever – ils me sautent à pieds joints sur le ventre – c’est l’heure d’aller danser ! » 

À paraître le 14 novembre 2014 aux éditions Le grand os dans la collection poc ! 


26 oct. 2014

À paraître : "Nocturama" de G. MAR



photographie : Gaël Bonnefon

Le mois prochain, paraîtra Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, deuxième ouvrage de la nouvelle collection Poc ! L'auteur, G. MAR, dont Le grand os a déjà publié deux courts textes dans le numéro 5 de la revue LGO, est né dans les Ardennes au milieu des années 70. Il anime le blog La Part du mythe


Quatrième de couverture

Des villes s’écroulent dans des expériences de mort imminente – Des mercenaires virtuels traversent plusieurs guerres, exhumant au passage l’histoire familiale du rêveur de la fange des siècles – Une descente dans les limbes d’un continent sud-américain le mène jusqu’à la révélation d’un soleil fondu dans la bouche – Une fille conduit sous acide dans un paysage de campagne parsemé d’industries appelées à s’écrouler à la suite du mur de Berlin – Un amour de jeunesse refait surface sous les traits du personnage de Caddie dans Le bruit et la fureur de Faulkner – Des flics américains en carton déferlent toutes sirènes hurlantes jusqu’au seuil d’une inquiétante maison freudienne – Des images des attentats du 11 septembre défilent en boucle sur les eaux sénégalaises du Saloum… 

Passablement étrangers à la psychologie des profondeurs, aux grandes effluves de l’introspection comme aux simples fantasmagories de l’absurde, les "récits" qui composent Nocturama esquissent la cosmologie mentale d’un monde en première personne du singulier dont la physique particulière, et les lois qui en régissent l’ordre sensible, est sourde aux règles de la narration bien comprise (espace homogène et temps des horloges). Si les rêves appartiennent ainsi à des temps pré-historiques (pré-narratifs), reste qu’ils s’ancrent dans l’inéluctable biographie du rêveur – son propre passé – mais aussi l’histoire impersonnelle à laquelle il appartient : l’histoire familiale en premier lieu (reçue en héritage), et l’Histoire tout court, ce cauchemar dont on essaie de s’éveiller comme le souligne Stephen Dedalus dans Ulysse. Mixte de matière personnelle et impersonnelle, ce recueil fait signe vers ce qu’on pourrait appeler de nouvelles mécaniques lyriques. 

Le Grand Os, novembre 2014. 13 x 18 cm. 96 p. (collection Poc !). 12 € 


La photographie de couverture est de Gaël Bonnefon.

22 oct. 2014

Salon L'Autre Livre 2014 / Paris



Le grand os vous attend sur le stand A23 au 12e salon international des éditeurs indépendants, L'Autre Livre, qui se tiendra à l'Espace des Blancs-Manteaux, dans le Marais, à Paris, du vendredi 14 au dimanche 16 novembre 2014


L'occasion de découvrir nos dernières parutions, parmi lesquelles :
L'oiseau : récit physique, un livre de photographies de Christophe Macquet

ainsi que les deux premiers titres de la nouvelle collection Poc ! dédiée à la prose et à la fiction :
Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, un recueil de G. MAR
Quoi faire, un roman de l'Argentin Pablo Katchadjian
  

 


L'Autre Livre

Espace des Blancs-Manteaux

48 rue Vieille-du-Temple

75004 Paris 

(Métro Hôtel de Ville)


Entrée gratuite 



vendredi / 14h-21h

samedi / 11h-21h

dimanche / 11h-19h

10 oct. 2014

Soirée Revue Huit | Toulouse



Sortie du numéro 4 de la Revue Huit 

Jeudi 16 octobre
à partir de 19h 
entrée libre

8 rue de l'Etoile
Toulouse