7 nov. 2014

Nocturama : textes-rêves & hypnagogies / G. MAR



titre : Nocturama : textes-rêves & hypnagogies
auteur : G. MAR 

96 pages / 13 x 18 cm / dos carré collé 
couverture à rabats (photographie : Gaël Bonnefon - conception graphique : t2bis
isbn : 978-2-912528-21-6 / éditions le grand os / collection Poc ! 

parution :  14 novembre 2014 

12 € (+ 1,50 € de frais de port)  


Lire un extrait


4e de couverture

Des villes s’écroulent dans des expériences de mort imminente – Des mercenaires virtuels traversent plusieurs guerres, exhumant au passage l’histoire familiale du rêveur de la fange des siècles – Une descente dans les limbes d’un continent sud-américain le mène jusqu’à la révélation d’un soleil fondu dans la bouche – Une fille conduit sous acide dans un paysage de campagne parsemé d’industries appelées à s’écrouler à la suite du mur de Berlin – Un amour de jeunesse refait surface sous les traits du personnage de Caddie dans Le bruit et la fureur de Faulkner – Des flics américains en carton déferlent toutes sirènes hurlantes jusqu’au seuil d’une inquiétante maison freudienne – Des images des attentats du 11 septembre défilent en boucle sur les eaux sénégalaises du Saloum… 

Passablement étrangers à la psychologie des profondeurs, aux grandes effluves de l’introspection comme aux simples fantasmagories de l’absurde, les "récits" qui composent Nocturama esquissent la cosmologie mentale d’un monde en première personne du singulier dont la physique particulière, et les lois qui en régissent l’ordre sensible, est sourde aux règles de la narration bien comprise (espace homogène et temps des horloges). Si les rêves appartiennent ainsi à des temps pré-historiques (pré-narratifs), reste qu’ils s’ancrent dans l’inéluctable biographie du rêveur – son propre passé – mais aussi l’histoire impersonnelle à laquelle il appartient : l’histoire familiale en premier lieu (reçue en héritage), et l’Histoire tout court, ce cauchemar dont on essaie de s’éveiller comme le souligne Stephen Dedalus dans Ulysse. Mixte de matière personnelle et impersonnelle, ce recueil fait signe vers ce qu’on pourrait appeler de nouvelles mécaniques lyriques.


L'auteur 

G. MAR est né dans les Ardennes au milieu des années 70. Il est l’auteur des Notes, sans partition, publiées sous le titre The Beat Degeneration par D-Fiction (édition numérique, 2014). Deux courts textes de l'auteur ont également paru dans le numéro 5 de la revue LGO (Le grand os, 2012). Il anime le blog La Part du mythe.

31 oct. 2014

Nocturama de G. MAR | extrait


© Gaël Bonnefon

« (…) GRAND FLASH par-dessus les toits depuis les trottoirs jusqu’aux culs d’énormes cumulus accrochés aux toits des usines et alors – je les vois qui se penchent sur mon cercueil tels les anges picaresques de la désolation punk : toutes ces têtes cramées qui peuplèrent mon monde avant la chute du mur de Berlin – ils me rendent visite en procession et soufflent en chœur des paroles étranges à mes tympans malades – de toute évidence je suis mort d’une otite pendant mon sommeil – à leur tête Maurice se penche sur moi – son vrai nom c’est Cédric – la dernière fois que je l’ai vu il était croque-mort et portait un costard trop grand – c’était à l’enterrement de mon grand-père, il portait le cercueil alors qu’à l’époque du collège il avait ce truc éclipse totale des genres qu’il mêlait avec un franc mauvais goût : veste kaki cloutée à son pseudo par-dessus un maillot de foot rouge et vert aux couleurs de la ville un bas de jogging bleu ciel et des santiags noir et or ; penché sur moi il m’apprend que sa mère, militante communiste, est morte dans une collision avec un camion-citerne alors qu’elle remontait l’autoroute à l’envers dans sa voiture sans permis et le voici de nouveau en costard – son visage affichant toutes les contractions hypocrites des ouvriers du deuil…

je suis bien deux mètres sous terre, par-dessus l’horizon n’est qu’un rectangle de boue découpé dans un ciel étoilé quand j’aperçois un grand navire au loin sur la Meuse chargé de tous nos morts. Un jour peut-être qu’ils se réincarneront en buissons et le soir même prendront feu et les gaz de tous leurs corps décomposés recomposés parleront la langue de l’éphémère dans un grand pschitt instantané comme l’éclair ou un pétard mouillé dans la nuit de l’Être. Au seuil nihiliste d’un grand cauchemar qui commence… je parle cette drôle de langue et Maurice qui opine de sa tête préraphaélite, l’air songeur…

des drôles très solides – le monde glisse entre les mains des anges de la désolation punk par mottes de boue sur mon cercueil et je les regarde partir des canettes à la main – ils se déhanchent comme des épileptiques en se frappant la tête avec de vieux vinyles… Nous avions seuls la clef de ces parades sauvages. Christelle se colle du rouge à lèvres autour des yeux – Jimmy s’accroche des centaines de cadenas à la ceinture – Annabelle un chiffon imbibé de K2R sur le bas du visage cligne à toute vitesse des paupières dans ma direction – Marc a les pupilles dilatées à la taille de boules de billard et couve un affreux rictus de gosse fou – Fresse jongle avec des haches à découper les poulets en crachant du feu – Maurice assène des coups de poing stroboscopiques au vide – Bastos se perce les oreilles avec des aiguilles à tricoter – Isabelle conduit en état d’ivresse dans un décor de cambrousse et de carcasses de tracteurs plantées en bord d’une route pleine de chats dégoulinant d’huile de moteur et d’insectes affairés à la copulation ou la ponte – nous nous rendons tous les deux dans un bar de village où l’écriteau « Interdit de servir de l’alcool aux mineurs » n’est accroché au-dessus des bouteilles qu’à des fins de déco – elle a le visage crispé dans un inextinguible sourire comme si les molécules d’un gaz hilarant s’étaient emparées des muscles de sa mâchoire tandis que tous les anges de la désolation punk me sourient depuis un point vague et lumineux par-dessus mon rectangle de boue découpé dans le ciel étoilé – grimaçants ils agitent la tête au rythme d’une musique inaudible sur laquelle tentent de se caler sans y parvenir de multiples coups de pelle plongée dans un mélange de terre argileuse et de gros cailloux… Énorme pression au niveau de l’abdomen préfigurant une irrésistible envie d’exploser de rire à en crever – ils me sautent à pieds joints sur le ventre – c’est l’heure d’aller danser ! » 

À paraître le 14 novembre 2014 aux éditions Le grand os dans la collection poc ! 


26 oct. 2014

À paraître : "Nocturama" de G. MAR



photographie : Gaël Bonnefon

Le mois prochain, paraîtra Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, deuxième ouvrage de la nouvelle collection Poc ! L'auteur, G. MAR, dont Le grand os a déjà publié deux courts textes dans le numéro 5 de la revue LGO, est né dans les Ardennes au milieu des années 70. Il anime le blog La Part du mythe


Quatrième de couverture

Des villes s’écroulent dans des expériences de mort imminente – Des mercenaires virtuels traversent plusieurs guerres, exhumant au passage l’histoire familiale du rêveur de la fange des siècles – Une descente dans les limbes d’un continent sud-américain le mène jusqu’à la révélation d’un soleil fondu dans la bouche – Une fille conduit sous acide dans un paysage de campagne parsemé d’industries appelées à s’écrouler à la suite du mur de Berlin – Un amour de jeunesse refait surface sous les traits du personnage de Caddie dans Le bruit et la fureur de Faulkner – Des flics américains en carton déferlent toutes sirènes hurlantes jusqu’au seuil d’une inquiétante maison freudienne – Des images des attentats du 11 septembre défilent en boucle sur les eaux sénégalaises du Saloum… 

Passablement étrangers à la psychologie des profondeurs, aux grandes effluves de l’introspection comme aux simples fantasmagories de l’absurde, les "récits" qui composent Nocturama esquissent la cosmologie mentale d’un monde en première personne du singulier dont la physique particulière, et les lois qui en régissent l’ordre sensible, est sourde aux règles de la narration bien comprise (espace homogène et temps des horloges). Si les rêves appartiennent ainsi à des temps pré-historiques (pré-narratifs), reste qu’ils s’ancrent dans l’inéluctable biographie du rêveur – son propre passé – mais aussi l’histoire impersonnelle à laquelle il appartient : l’histoire familiale en premier lieu (reçue en héritage), et l’Histoire tout court, ce cauchemar dont on essaie de s’éveiller comme le souligne Stephen Dedalus dans Ulysse. Mixte de matière personnelle et impersonnelle, ce recueil fait signe vers ce qu’on pourrait appeler de nouvelles mécaniques lyriques. 

Le Grand Os, novembre 2014. 13 x 18 cm. 96 p. (collection Poc !). 12 € 


La photographie de couverture est de Gaël Bonnefon.

22 oct. 2014

Salon L'Autre Livre 2014 / Paris



Le grand os vous attend sur le stand A23 au 12e salon international des éditeurs indépendants, L'Autre Livre, qui se tiendra à l'Espace des Blancs-Manteaux, dans le Marais, à Paris, du vendredi 14 au dimanche 16 novembre 2014


L'occasion de découvrir nos dernières parutions, parmi lesquelles :
L'oiseau : récit physique, un livre de photographies de Christophe Macquet

ainsi que les deux premiers titres de la nouvelle collection Poc ! dédiée à la prose et à la fiction :
Nocturama : textes-rêves & hypnagogies, un recueil de G. MAR
Quoi faire, un roman de l'Argentin Pablo Katchadjian
  

 


L'Autre Livre

Espace des Blancs-Manteaux

48 rue Vieille-du-Temple

75004 Paris 

(Métro Hôtel de Ville)


Entrée gratuite 



vendredi / 14h-21h

samedi / 11h-21h

dimanche / 11h-19h

10 oct. 2014

Soirée Revue Huit | Toulouse



Sortie du numéro 4 de la Revue Huit 

Jeudi 16 octobre
à partir de 19h 
entrée libre

8 rue de l'Etoile
Toulouse 

23 sept. 2014

L'oiseau : récit physique / Christophe Macquet




titre : L'oiseau : récit physique
auteur : Christophe Macquet 


82 photographies couleurs 

88 pages / 26 x 20 cm / cousu sous couverture cartonnée / pelliculage mat
pages intérieures : papier couché demi-mat 150 gr.
isbn 978-2-912528-20-9 / éditions le grand os / hors collection 

Tirage limité à 100 exemplaires numérotés 

parution : 14 novembre 2014  

32 (+ 1,50 € frais de port) 


ACHETER 


Un livre "muet" – autrement dit : sans texte – constitué de 82 photographies couleurs réalisées en différents endroits du monde, principalement en Amérique du Sud, entre 2005 et 2012. 
  


4e de couverture 
 


Revue de presse 

Christophe Macquet procède non pas en photographe aguerri, mais en phénoménologue, son adhésion native au monde est celle d’une « conscience qui rajeunit tout » (Bachelard). La photographie n’est pas ici lestée de l’histoire du médium – sa « culture », ses écoles, ses tendances – elle est simple actualisation d’un regard singulier porté sur le monde, comme une main posée sur un corps. Elle ne cherche pas à nommer les choses, elle témoigne plutôt de leur champ de force, elle pointe leur tension, leur torsion – elle rêve la matière. 
Xavier Boissel, in D-Fiction - Lire tout l'article 


L'auteur 

Christophe Macquet est né à Boulogne-sur-Mer en 1968. Il poursuit en silence un travail littéraire et photographique inclassable. Il a publié Poids Mouche, en collaboration avec John Vink (Ed. du Mékong, Cambodge, 2006), Cri & CoKbachTchoôl ! (Le Grand Os, 2008, 2012, 2013), Luna Western, Desde Luna Western (Paradiso Ediciones, Argentine, 2011, 2013) et Sélénogrammes de la solitude Avine (Actual Art, Arménie, 2013). Différents livres "muets" de l'écrivain sont parus ou à paraître à travers le monde. Il tient un blog – Obscuresoù il publie certaines de ses créations photographiques. 

14 sept. 2014

Macquet photographe (3) | extraits de L'oiseau


Quelques images extraites de L'oiseau : récit physique, livre de photographies de Christophe Macquet, à paraître dans les tout prochains jours aux éditions Le grand os. Cliquer dessus pour les agrandir.








Mais je bénis aussi Uccello, petit garçon, petit oiseau, petite lumière déchirée, je bénis ton silence si bien planté. À part ces lignes que tu pousses de ta tête comme une frondaison de messages, il ne reste de toi que le silence et le secret de ta robe fermée. Deux ou trois signes dans l’air, quel est l’homme qui prétend vivre plus que ces trois signes, et auquel le long des heures qui le couvrent, songerait-on à demander plus que le silence qui les précède ou qui les suit. Je sens toutes les pierres du monde et le phosphore de l’étendue que mon passage entraîne faire leur chemin à travers moi. Ils forment les mots d’une syllabe noire dans les pacages de mon cerveau. Toi Uccello, tu apprends à n’être qu’une ligne et l’étage élevé d’un secret. 
Antonin Artaud

20 août 2014

A paraître : L'oiseau, de Christophe Macquet


« Souviens-toi du jour où tu crevas la toile et fus pris vivant, fixé sur place dans le vacarme de vacarmes des roues de roues tournant sans tourner, toi dedans, happé toujours par le même moment immobile, répété, répété, et le temps ne faisait qu’un tour, tout tournait en trois sens innombrables, le temps se bouclait à rebours, – et les yeux de chair ne voyaient qu’un rêve, il n’existait que le silence dévorant, les mots étaient des peaux séchées, et le bruit, le oui, le bruit, le non, le hurlement visible et noir de la machine te niait, – le cri silencieux « je suis » que l’os entend, dont la pierre meurt, dont croit mourir ce qui ne fut jamais, – et tu ne renaissais à chaque instant que pour être nié par le grand cercle sans bornes, tout pur, tout centre, pur sauf toi. » 
René Daumal, Mémorables 

« Car l’Oiseau ne connaissait pas la joie de se limiter à l’individu ; il ne demeurait point en un seul endroit : il voulait planer, dans son vol, au-dessus de tous les endroits. Et les formes des attitudes de Selvaggia furent jetées au creuset des formes, avec tous les mouvements des bêtes, et les lignes des plantes et des pierres, et les rais de la lumière, et les ondulations des vapeurs terrestres et des vagues de la mer. Et sans se souvenir de Selvaggia, Ucello paraissait demeurer éternellement penché sur le creuset des formes. »
Marcel Schwob, Vies imaginaires 


 


Dans un peu plus d'un mois paraîtra L'oiseau : récit physique de Christophe Macquet, un livre "muet" – autrement dit : sans texte – constitué de 82 photographies couleurs réalisées en différents endroits du monde, principalement en Amérique du Sud, entre 2005 et 2012. 

Imprimé à 100 exemplaires seulement, tous numérotés, sur papier couché demi-mat 150 g, sous couverture cartonnée, pelliculage mat, format à l'italienne 26 x 20 cm. 

En attendant le plaisir d'avoir le livre entre les mains et les images sous les yeux, on patientera avec ces quelques lignes de l'écrivain Xavier Boissel extraites de son article Le silence de l'oiseau consacré aux photographies de Christophe Macquet et paru sur le site D-Fiction :
" (...) il n’est pas question ici d’un « carnet de voyages », de vignettes exotiques prêtes à consommer, bien au contraire ; qu’importent les distances parcourues, l’auteur est un voyageur arrêté ; il semble avoir fait sien l’apophtegme d’Henri Michaux : « On trouve aussi bien sa vérité en regardant quarante-huit heures une quelconque tapisserie de mur ». Il n’est pas, qui plus est, à proprement parler un « photographe ». C’est l’écriture qui mobilise en premier lieu Christophe Macquet depuis plus d’un quart de siècle, avec ses heurts, ses refus, ses disparitions ; la photographie est chez lui une pratique plus récente, mais y voir le signe d’une forme de dilettantisme serait trompeur. Loin d’être périphérique, surplus de toute une énergie verbale, elle en est bien plutôt musicalement (silencieusement) le contrepoint. Ponctuation visuelle, partition qui éclaire à front renversé le cortège des mots qu’il ne cesse de remâcher, ce cratère de la langue au bord duquel il se tient, en équilibre précaire, depuis l’enfance ; peut-être est-elle aussi une autre manière de ne pas écrire, de se déployer avec violence « contre l’écriture », sans toutefois signifier qu’elle viendrait divertir un manque, effacer l’éventuel échec d’une entreprise scripturaire. (...) Christophe Macquet est avant tout un poète, et c’est à l’évidence en cette qualité qu’il a abordé le medium photographique. Il prend des photographies comme il creuse des phrases. Le monde est un abcès qu’il faut crever, une sanie en attente d’une hypothétique suture qui le rendrait enfin tel qu’en lui-même, dans sa beauté primitive et brutale : des mots – et des images. Le registre du visible, tel qu’il s’exhibe dans ces photographies est celui de la blessure, qui rattache. L’œil de l’opérateur caresse la chair du monde : œil-attouchement, qui cicatrise et qui embaume. "
Xavier Boissel - Lire l'article complet

*

Christophe Macquet est né à Boulogne-sur-Mer en 1968. Il poursuit en silence un travail littéraire et photographique inclassable. Il a publié Poids Mouche, en collaboration avec John Vink (Ed. du Mékong, Cambodge, 2006), Cri & CoKbachTchoôl ! (Le Grand Os, 2008, 2012, 2013), Luna Western, Desde Luna Western (Paradiso Ediciones, Argentine, 2011, 2013) et Sélénogrammes de la solitude Avine (Actual Art, Arménie, 2013). 
Il tient un blog – Obscuresoù il publie certaines de ses créations photographiques.

6 juil. 2014

En Compagnie des Barbares...


Retour sur Cri & co, le spectacle créé par En Compagnie des Barbares d'après le recueil éponyme de Christophe Macquet, à l'occasion d'un article d'Agathe Reybaud (paru le 31 mai 2014 sur le site Le Clou dans la planche) qui revient sur les représentations données en mai dernier au Théâtre du grand Rond à Toulouse. Extrait :
"Les passeurs de textes d’En Compagnie des Barbares prennent pour rampe de lancement Cri & co de Christophe Macquet, poète voyageur à travers mers, identités et langues, pour proposer une épopée poétique parmi les mots, libres, échappés des pages des livres et des carcans de la syntaxe : vivants. Table rase à la Dada, explosion des chapelles pour une grande célébration de la langue réinventée, empruntant l’énergie du premier cri, celui des poumons tout neufs que pénètre l’air, ils peuvent dire avec Hugo Ball, auteur du premier manifeste Dada : « Le mot, messieurs, le mot est une affaire publique de tout premier ordre »."
Lire la suite…

Cri & co (le comédien Denis Lagrâce)

Petit rappel de la genèse du projet :
Le hasard, qui a d'abord fait se rencontrer brièvement dans un café d'une métropole asiatique la metteure en scène Sarah Freynet et l'écrivain globe-trotter Christophe Macquet, a continué ensuite à sévir, à quelques milliers de kilomètres de là, lorsque Sarah fraîchement débarquée à Toulouse tombe sur l'édition de Cri & co, recueil du même Christophe publié chez nous (éd. Le grand os, 2008)… L'histoire ne s'arrête pas là puisque le destin fait alors cohabiter, sur le même palier toulousain, Sarah et la plasticienne Karine Marco qui vient de publier son Tarot des fétiches (éd. Astronef Palace, 2011), livre à quatre mains avec le poète Ana Tot, auteur par ailleurs publié par... Le grand os ! Il y a des jours où l'on peut se bercer de l'illusion qu'il peut être utile encore de faire des livres… Sarah, qui entretemps a monté à Toulouse la troupe de théâtre En Compagnie des Barbares, va assembler tout naturellement tous ces riens, ce qui donnera un spectacle en deux temps : Cri & co, d'après les poèmes de Christophe Macquet, suivi dans la même soirée d'un tirage pour une personne du Tarot des fétiches de Karine Marco et Ana Tot.

Tarot des fétiches, 1ère éd., 2011

Signalons en passant que nous venons de recevoir quelques exemplaires de la 3e édition du Tarot des fétiches, et qu'elle est encore plus soignée que les précédentes : 22 lames dessinées et peintes par Karine Marco accompagnées de 22 textes d'Ana Tot, sous un élégant emboîtage cartonné. Il en coûte 20 euros l'exemplaire et on peut en commander ici, par mail ou courrier adressé au Grand os, ou encore auprès de Karine Marco. 

25 juin 2014

Quoi faire | l'avis des libraires


Librairie Ptyx (Ixelles, Belgique)

Les libraires de Ptyx à Ixelles en Belgique lisent (et peut-être pas, comme annoncé, seulement le dimanche et le lundi, jours de fermeture de l'enseigne). Toujours est-il qu'ils le prouvent en consacrant sur le site de la librairie de longues chroniques aux ouvrages qu'ils ont appréciés… et vraisemblablement lus ! C'est le cas pour Quoi faire de Pablo Katchadjian qui fait la une ces jours-ci de la page d'accueil. Si l'on s'en réjouit, on ne peut toutefois s'empêcher de recommander aux Bruxellois, aux Belges et à tous les piétons d'aller prendre les libraires en flagrant délit de lecture pendant leurs heures de travail... En attendant, extraits de la chronique :
D’une séquence l’autre, des motifs se répètent : des étudiants de deux mètres et demi, des capuches, des yeux qui clignent, Léon Bloy, 800 buveurs, le beurre froid, l’entourloupe.  Mais ce qui importe ici, n’est pas ce qui se répète, mais bien que cela se répète.  Là se niche précisément l’intérêt et l’importance de Quoi faire  : seule compte la structure ! (…) La structure comme seul objet et sujet. Quoi faire est d’abord cela : la mise en œuvre dans son cadre même de ce qui est sensé répondre, dans le roman (ou le récit, ou l’essai, bref la chose écrite), à la question : quoi faire ?  En n’omettant pas (et dépassant ainsi le seul cadre éthéré d’un texte-programme), comme le sous-tend la question, l’évidence d’un agir.
Librairie Styx, 24 juin 2014. Lire l'article complet
Autres libraires qui lisent (et le font savoir), les ceux du Comptoir des mots à Paris. Quoi faire est là aussi un des derniers coups de cœur du responsable du rayon littérature étrangère de la librairie du 20e :
Première traduction d'un jeune trublion des lettres argentines, cet étrange roman baroque épouse la narration d'un rêve (ou cauchemar ?) récurrent : 50 brefs chapitres comme autant de variations sans queue ni tête, dont les éléments et les motifs se transforment, se mélangent allègrement dans tous les sens et finissent par provoquer un léger malaise ou le rire. Une pépite absolue !
Philippe Guazzo, Librairie Le Comptoir des mots, juin 2014. Source
Voici les adresses où les assoiffés de drôlerie étrange pourront aller se jeter un petit Katchadjian sur le zinc (zinc bien réel pour la première) : 

Librairie Le Comptoir des mots
239 rue des Pyrénées
75020 Paris

Librairie Ptyx
Rue Lesbroussart, 39
1050 Ixelles (Belgique)

Si vous êtes loin de Paris, loin d'Ixelles, essayez la librairie la plus proche. Et si vraiment votre libraire n'aime pas lire (on a personnellement connu un boucher qui n'aimait pas la viande) vous pouvez toujours commander un exemplaire ici-même

  
Quoi faire de Pablo Katchadjian

23 juin 2014

Quoi faire dans Le Matricule des anges


collage (détail) : Valeria Pasina

Éric Dussert, dans le numéro de juin du Matricule des anges, honore d'une note de lecture le livre de Pablo Katchadjian, Quoi faire (le Grand os, 2014). Nous la reproduisons ici :
Précédé d'une réputation très louangeuse, l'Argentin Pablo Katchadjian paraît pour la première fois en France avec Quoi faire, un livre qui n'est pas un roman, ni un texte programmatique. Il ne doit donc rien aux révolutionnaires Que faire ? de Tchernychevski (1863) ou de Lénine (1902). Ce Quoi faire est plus démonstratif et désigne le choix qui doit être fait, ou devrait l'être. Considéré par la critique argentine comme un "grand roman contemporain de l'expansion, du foisonnement, de la mutation du sens" (Damián Tabarovsky), ce livre est d'une assez grande singularité. Il faudrait mêler Inception au Jour sans fin pour le définir dans ses grandes lignes, à condition toutefois que le mélange soit effectué par Macedonio Fernández lui-même. "Je suis furieux, indigné, car Alberto n'arrête pas de parler de Borges face à nos élèves de l'université anglaise, tous en extase à la seule évocation de miroirs, de labyrinthes et de doubles. Ce n'est pas qu'Alberto s'intéresse à ces sujets, il sait simplement qu'il n'y a rien de tel pour captiver les étudiants anglais."
Construit comme la succession de rêves changeants et pourtant répétitifs, Quoi faire met en scène deux personnages, "Alberto et moi", confrontés à certaines situations qui leur imposent de choisir une action à mener. Chiffons et mousseline, étudiants de deux mètres cinquante, vieilles femmes, locaux divers et vestes à capuche, voire Marx, Rubén Darío et Léon Bloy, rien ne permet de deviner la combinatoire mise en œuvre. "Tout se poursuit ainsi jusqu'à ce qu'un élève pose cette question : Qui de vous deux va m'aider ? L'élève, qui mesure cinquante centimètres, ressemble à un nourrisson. Alberto s'approche de lui et le prend dans ses bras. À ce moment-là, trois événements coïncident : Alberto est une vieillle, je constate qu'il est momifié et l'élève-nourrisson a une tête de vache clairement médiévale."
On sait dès lors quoi faire : accepter de se laisser emporter pour "calmer sa nervosité".
Éric Dussert. Le Matricule des anges n°154, juin 2014 

17 juin 2014

Salon du livre d'artiste | Nîmes | 20-21 juin



León et Aurelio Diaz Ronda vous attendent sur le stand du Grand Os au Salon du livre d'artiste à la Bibliothèque Carré d'Art de Nîmes les vendredi 20 et samedi 21 juin 2014 de 10h à 18h. Présentation des ouvrages singuliers et des éditions courantes de la maison. Entrée libre.

29 mai 2014

Marché de la Poésie 2014 / Paris



Qu'ils crèvent, les artistes.  
Tadeusz Kantor


Face à la croissance démesurée du nombre de lecteurs de poésie et l'explosion consécutive des ventes de livres du genre sus-dit, les organisateurs du Marché de la poésie ont raisonnablement décidé d'allonger d'une journée la durée de cette 32e édition qui aura donc lieu du mercredi 11 au dimanche 15 juin 2014 place Saint-Sulpice à Paris. L'occasion d'épuiser les petits éditeurs pendant cinq jours (soit cinquante-deux heures de présence effective sur les stands). On achève bien les chevaux... A l'issue de ce marathon, aura-t-on encore l'énergie et l'envie de publier des livres ? De poésie, pas sûr... 

Frais et dispos pour l'instant et jusqu'à nouvel ordre, nous invitons les âmes charitables à venir soutenir in vivo la performance, ou simplement à découvrir, et pourquoi pas acquérir, les livres édités par nos soins, notamment les tout derniers : 

Le Citron métabolique de Laurent Albarracin (auteur qu'on pourra rencontrer le samedi 14 juin de 15h à 16h sur notre stand matricule 205) 


Quoi faire, roman de l'Argentin Pablo Katchadjian (on notera la présence de l'un de ses traducteurs tout au long du marché)


Antoine Brea, quant à lui, derrière ou devant des piles d'exemplaires de Simon le Mage (Le grand os, 2009) et de Roman dormant (Le Quartanier, 2014) dont Le grand os avait en son temps publié un chapitre dans le n° 3 de la revue LGO, vous attend de pied ferme samedi 14 de 17h à 18h


 
On pourra également admirer un choix de livres d'artistes ou d'exemplaires uniques de Valeria Pasina (également présente sur le Marché), Leon Diaz Ronda, Diego de los Campos, entre autres. 



Enfin, cette année, Le Grand Os accueillera sur sa table de dissection une sélection d'ouvrages des éditions Le Corridor bleu, parmi lesquels L'échelle magnanime, recueil de notre ami Julien Starck qui honorera le stand 205 de sa lumineuse personne samedi 14 et dimanche 15 juin


Qu'on se le dise. 

Place Saint-Sulpice
Paris 6e 
mercredi 11 juin : 14h-22h30
jeudi 12 : 11h30-22h30
vendredi 13 : 11h30-22h30 
samedi 14 : 11h30-22h30 
dimanche 15 : 11h30-20h 

Le Grand Os est au stand 205
 

23 mai 2014

Quoi faire sur Le Clavier Cannibale


collage (détail) : Valeria Pasina

Etrange / pénétrant : l'argentique Katchadjian, tel est le titre-ritournelle de la note de lecture que l'écrivain et traducteur Claro, sur son blog Le Clavier Cannibale, consacre à Quoi faire de Pablo Katchadjian. Extrait et lien vers l'article :
"Katchadjian travaille la différence et la répétition dans une langue désossée et beckettienne, à la fois sereine et schizoïde, mettant en loop une suite d'incidents frappés du sceau onirique, où deux protagonistes ne cessent de titubuter (yes: tituber + buter) sur la rhétorique du récit, conscients d'être dans un rêve, ou plutôt un cauchemar, s'y prenant les pieds, la tête, et vivant la répétition comme s'il s'agissait d'une pathologie inédite. Les thèmes deviennent motifs, les motifs virus, les virus mots. Le rêve est souvent le grand clou rouillé de la maison littérature : ici, il est enfoncé avec précision et talent. "
Claro, Le Clavier Cannibale, 22 mai 2014. Lire la note complète

Quoi faire, roman de Pablo Katchadjian (éd. Le grand os, mai 2014) 
traduit de l'espagnol (Argentine) par M. Gómez Guthart et A. Diaz Ronda.

22 mai 2014

Quoi faire sur Fric Frac Club




collage (détail) : Valeria Pasina

Guillaume Contré chronique longuement Quoi faire de Pablo Katchadjian sur Fric Frac Club. L'article s'intitule Le système, l'irrationnel et la liberté et va bien au-delà de la simple note de lecture. Il y est question d'avant-garde, de simplicité, de littérature argentine, de Borges, d'Aira, de jeu, de libre arbitre, d'humour... L'auteur de l'article, un mordu de littérature argentine, a lui-même traduit en français un autre roman de Pablo Katchadjian, Gracias (traduction inédite à ce jour), c'est dire s'il sait de quoi il parle… Ça donne par exemple ceci : 
"Quoi faire, d’un geste ample et d’une simplicité qui le rend d’autant plus efficace, met bas ce château de carte quelque peu racorni aux quatre coins que l’on nomme par habitude et entre deux bâillements « roman », et non content d’en avoir flanqué à terre toutes les cartes, encore faut-il qu’il se permette de n’en rien réordonner. En effet, s’il y a bien une chose que le lecteur, même le plus lent au démarrage, remarquera très vite une fois ouvert l’élégant petit volume (…) c’est la non-linéarité d’un récit qui semble fonctionner sur le mode de la combinatoire ; une combinatoire entendue comme un « système », c’est-à-dire comme un mode opérant uniformément tout au long du texte et qui en constitue la colonne vertébrale – un espace en général plutôt occupé par le ou les personnages, par le thème ou n’importe quel autre des usuels colifichets romanesques."
Ou encore… 
"Quoi faire est une grande machine inclusive dédiée à avaler tout ce qui l’entoure, un trou noir où l’absurde et l’humour règnent en maîtres. S’il y a bien une chose qui signe le talent particulier de Pablo Katchadjian le formaliste, c’est la capacité à transformer l’essai formel en pur diamant dont la liberté inédite est le meilleur atout pour se permettre de manier l’air de rien les grands « absolus » comme s’ils étaient des objets tout neufs."

Pour lire la chronique complète, c'est ici, sur Fric Frac Club : 

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