14 sept. 2014

Macquet photographe (3) | extraits de L'oiseau


Quelques images extraites de L'oiseau : récit physique, livre de photographies de Christophe Macquet, à paraître dans les tout prochains jours aux éditions Le grand os. Cliquer dessus pour les agrandir.








Mais je bénis aussi Uccello, petit garçon, petit oiseau, petite lumière déchirée, je bénis ton silence si bien planté. À part ces lignes que tu pousses de ta tête comme une frondaison de messages, il ne reste de toi que le silence et le secret de ta robe fermée. Deux ou trois signes dans l’air, quel est l’homme qui prétend vivre plus que ces trois signes, et auquel le long des heures qui le couvrent, songerait-on à demander plus que le silence qui les précède ou qui les suit. Je sens toutes les pierres du monde et le phosphore de l’étendue que mon passage entraîne faire leur chemin à travers moi. Ils forment les mots d’une syllabe noire dans les pacages de mon cerveau. Toi Uccello, tu apprends à n’être qu’une ligne et l’étage élevé d’un secret. 
Antonin Artaud

20 août 2014

A paraître : L'oiseau, de Christophe Macquet


« Souviens-toi du jour où tu crevas la toile et fus pris vivant, fixé sur place dans le vacarme de vacarmes des roues de roues tournant sans tourner, toi dedans, happé toujours par le même moment immobile, répété, répété, et le temps ne faisait qu’un tour, tout tournait en trois sens innombrables, le temps se bouclait à rebours, – et les yeux de chair ne voyaient qu’un rêve, il n’existait que le silence dévorant, les mots étaient des peaux séchées, et le bruit, le oui, le bruit, le non, le hurlement visible et noir de la machine te niait, – le cri silencieux « je suis » que l’os entend, dont la pierre meurt, dont croit mourir ce qui ne fut jamais, – et tu ne renaissais à chaque instant que pour être nié par le grand cercle sans bornes, tout pur, tout centre, pur sauf toi. » 
René Daumal, Mémorables 

« Car l’Oiseau ne connaissait pas la joie de se limiter à l’individu ; il ne demeurait point en un seul endroit : il voulait planer, dans son vol, au-dessus de tous les endroits. Et les formes des attitudes de Selvaggia furent jetées au creuset des formes, avec tous les mouvements des bêtes, et les lignes des plantes et des pierres, et les rais de la lumière, et les ondulations des vapeurs terrestres et des vagues de la mer. Et sans se souvenir de Selvaggia, Ucello paraissait demeurer éternellement penché sur le creuset des formes. »
Marcel Schwob, Vies imaginaires 


 


Dans un peu plus d'un mois paraîtra L'oiseau : récit physique de Christophe Macquet, un livre "muet" – autrement dit : sans texte – constitué de 82 photographies couleurs réalisées en différents endroits du monde, principalement en Amérique du Sud, entre 2005 et 2012. 

Imprimé à 100 exemplaires seulement, tous numérotés, sur papier couché demi-mat 150 g, sous couverture cartonnée, pelliculage mat, format à l'italienne 26 x 20 cm. 

En attendant le plaisir d'avoir le livre entre les mains et les images sous les yeux, on patientera avec ces quelques lignes de l'écrivain Xavier Boissel extraites de son article Le silence de l'oiseau consacré aux photographies de Christophe Macquet et paru sur le site D-Fiction :
" (...) il n’est pas question ici d’un « carnet de voyages », de vignettes exotiques prêtes à consommer, bien au contraire ; qu’importent les distances parcourues, l’auteur est un voyageur arrêté ; il semble avoir fait sien l’apophtegme d’Henri Michaux : « On trouve aussi bien sa vérité en regardant quarante-huit heures une quelconque tapisserie de mur ». Il n’est pas, qui plus est, à proprement parler un « photographe ». C’est l’écriture qui mobilise en premier lieu Christophe Macquet depuis plus d’un quart de siècle, avec ses heurts, ses refus, ses disparitions ; la photographie est chez lui une pratique plus récente, mais y voir le signe d’une forme de dilettantisme serait trompeur. Loin d’être périphérique, surplus de toute une énergie verbale, elle en est bien plutôt musicalement (silencieusement) le contrepoint. Ponctuation visuelle, partition qui éclaire à front renversé le cortège des mots qu’il ne cesse de remâcher, ce cratère de la langue au bord duquel il se tient, en équilibre précaire, depuis l’enfance ; peut-être est-elle aussi une autre manière de ne pas écrire, de se déployer avec violence « contre l’écriture », sans toutefois signifier qu’elle viendrait divertir un manque, effacer l’éventuel échec d’une entreprise scripturaire. (...) Christophe Macquet est avant tout un poète, et c’est à l’évidence en cette qualité qu’il a abordé le medium photographique. Il prend des photographies comme il creuse des phrases. Le monde est un abcès qu’il faut crever, une sanie en attente d’une hypothétique suture qui le rendrait enfin tel qu’en lui-même, dans sa beauté primitive et brutale : des mots – et des images. Le registre du visible, tel qu’il s’exhibe dans ces photographies est celui de la blessure, qui rattache. L’œil de l’opérateur caresse la chair du monde : œil-attouchement, qui cicatrise et qui embaume. "
Xavier Boissel - Lire l'article complet

*

Christophe Macquet est né à Boulogne-sur-Mer en 1968. Il poursuit en silence un travail littéraire et photographique inclassable. Il a publié Poids Mouche, en collaboration avec John Vink (Ed. du Mékong, Cambodge, 2006), Cri & CoKbachTchoôl ! (Le Grand Os, 2008, 2012, 2013), Luna Western, Desde Luna Western (Paradiso Ediciones, Argentine, 2011, 2013) et Sélénogrammes de la solitude Avine (Actual Art, Arménie, 2013). 
Il tient un blog – Obscuresoù il publie certaines de ses créations photographiques.

6 juil. 2014

En Compagnie des Barbares...


Retour sur Cri & co, le spectacle créé par En Compagnie des Barbares d'après le recueil éponyme de Christophe Macquet, à l'occasion d'un article d'Agathe Reybaud (paru le 31 mai 2014 sur le site Le Clou dans la planche) qui revient sur les représentations données en mai dernier au Théâtre du grand Rond à Toulouse. Extrait :
"Les passeurs de textes d’En Compagnie des Barbares prennent pour rampe de lancement Cri & co de Christophe Macquet, poète voyageur à travers mers, identités et langues, pour proposer une épopée poétique parmi les mots, libres, échappés des pages des livres et des carcans de la syntaxe : vivants. Table rase à la Dada, explosion des chapelles pour une grande célébration de la langue réinventée, empruntant l’énergie du premier cri, celui des poumons tout neufs que pénètre l’air, ils peuvent dire avec Hugo Ball, auteur du premier manifeste Dada : « Le mot, messieurs, le mot est une affaire publique de tout premier ordre »."
Lire la suite…

Cri & co (le comédien Denis Lagrâce)

Petit rappel de la genèse du projet :
Le hasard, qui a d'abord fait se rencontrer brièvement dans un café d'une métropole asiatique la metteure en scène Sarah Freynet et l'écrivain globe-trotter Christophe Macquet, a continué ensuite à sévir, à quelques milliers de kilomètres de là, lorsque Sarah fraîchement débarquée à Toulouse tombe sur l'édition de Cri & co, recueil du même Christophe publié chez nous (éd. Le grand os, 2008)… L'histoire ne s'arrête pas là puisque le destin fait alors cohabiter, sur le même palier toulousain, Sarah et la plasticienne Karine Marco qui vient de publier son Tarot des fétiches (éd. Astronef Palace, 2011), livre à quatre mains avec le poète Ana Tot, auteur par ailleurs publié par... Le grand os ! Il y a des jours où l'on peut se bercer de l'illusion qu'il peut être utile encore de faire des livres… Sarah, qui entretemps a monté à Toulouse la troupe de théâtre En Compagnie des Barbares, va assembler tout naturellement tous ces riens, ce qui donnera un spectacle en deux temps : Cri & co, d'après les poèmes de Christophe Macquet, suivi dans la même soirée d'un tirage pour une personne du Tarot des fétiches de Karine Marco et Ana Tot.

Tarot des fétiches, 1ère éd., 2011

Signalons en passant que nous venons de recevoir quelques exemplaires de la 3e édition du Tarot des fétiches, et qu'elle est encore plus soignée que les précédentes : 22 lames dessinées et peintes par Karine Marco accompagnées de 22 textes d'Ana Tot, sous un élégant emboîtage cartonné. Il en coûte 20 euros l'exemplaire et on peut en commander ici, par mail ou courrier adressé au Grand os, ou encore auprès de Karine Marco. 

25 juin 2014

Quoi faire | l'avis des libraires


Librairie Ptyx (Ixelles, Belgique)

Les libraires de Ptyx à Ixelles en Belgique lisent (et peut-être pas, comme annoncé, seulement le dimanche et le lundi, jours de fermeture de l'enseigne). Toujours est-il qu'ils le prouvent en consacrant sur le site de la librairie de longues chroniques aux ouvrages qu'ils ont appréciés… et vraisemblablement lus ! C'est le cas pour Quoi faire de Pablo Katchadjian qui fait la une ces jours-ci de la page d'accueil. Si l'on s'en réjouit, on ne peut toutefois s'empêcher de recommander aux Bruxellois, aux Belges et à tous les piétons d'aller prendre les libraires en flagrant délit de lecture pendant leurs heures de travail... En attendant, extraits de la chronique :
D’une séquence l’autre, des motifs se répètent : des étudiants de deux mètres et demi, des capuches, des yeux qui clignent, Léon Bloy, 800 buveurs, le beurre froid, l’entourloupe.  Mais ce qui importe ici, n’est pas ce qui se répète, mais bien que cela se répète.  Là se niche précisément l’intérêt et l’importance de Quoi faire  : seule compte la structure ! (…) La structure comme seul objet et sujet. Quoi faire est d’abord cela : la mise en œuvre dans son cadre même de ce qui est sensé répondre, dans le roman (ou le récit, ou l’essai, bref la chose écrite), à la question : quoi faire ?  En n’omettant pas (et dépassant ainsi le seul cadre éthéré d’un texte-programme), comme le sous-tend la question, l’évidence d’un agir.
Librairie Styx, 24 juin 2014. Lire l'article complet
Autres libraires qui lisent (et le font savoir), les ceux du Comptoir des mots à Paris. Quoi faire est là aussi un des derniers coups de cœur du responsable du rayon littérature étrangère de la librairie du 20e :
Première traduction d'un jeune trublion des lettres argentines, cet étrange roman baroque épouse la narration d'un rêve (ou cauchemar ?) récurrent : 50 brefs chapitres comme autant de variations sans queue ni tête, dont les éléments et les motifs se transforment, se mélangent allègrement dans tous les sens et finissent par provoquer un léger malaise ou le rire. Une pépite absolue !
Philippe Guazzo, Librairie Le Comptoir des mots, juin 2014. Source
Voici les adresses où les assoiffés de drôlerie étrange pourront aller se jeter un petit Katchadjian sur le zinc (zinc bien réel pour la première) : 

Librairie Le Comptoir des mots
239 rue des Pyrénées
75020 Paris

Librairie Ptyx
Rue Lesbroussart, 39
1050 Ixelles (Belgique)

Si vous êtes loin de Paris, loin d'Ixelles, essayez la librairie la plus proche. Et si vraiment votre libraire n'aime pas lire (on a personnellement connu un boucher qui n'aimait pas la viande) vous pouvez toujours commander un exemplaire ici-même

  
Quoi faire de Pablo Katchadjian

23 juin 2014

Quoi faire dans Le Matricule des anges


collage (détail) : Valeria Pasina

Éric Dussert, dans le numéro de juin du Matricule des anges, honore d'une note de lecture le livre de Pablo Katchadjian, Quoi faire (le Grand os, 2014). Nous la reproduisons ici :
Précédé d'une réputation très louangeuse, l'Argentin Pablo Katchadjian paraît pour la première fois en France avec Quoi faire, un livre qui n'est pas un roman, ni un texte programmatique. Il ne doit donc rien aux révolutionnaires Que faire ? de Tchernychevski (1863) ou de Lénine (1902). Ce Quoi faire est plus démonstratif et désigne le choix qui doit être fait, ou devrait l'être. Considéré par la critique argentine comme un "grand roman contemporain de l'expansion, du foisonnement, de la mutation du sens" (Damián Tabarovsky), ce livre est d'une assez grande singularité. Il faudrait mêler Inception au Jour sans fin pour le définir dans ses grandes lignes, à condition toutefois que le mélange soit effectué par Macedonio Fernández lui-même. "Je suis furieux, indigné, car Alberto n'arrête pas de parler de Borges face à nos élèves de l'université anglaise, tous en extase à la seule évocation de miroirs, de labyrinthes et de doubles. Ce n'est pas qu'Alberto s'intéresse à ces sujets, il sait simplement qu'il n'y a rien de tel pour captiver les étudiants anglais."
Construit comme la succession de rêves changeants et pourtant répétitifs, Quoi faire met en scène deux personnages, "Alberto et moi", confrontés à certaines situations qui leur imposent de choisir une action à mener. Chiffons et mousseline, étudiants de deux mètres cinquante, vieilles femmes, locaux divers et vestes à capuche, voire Marx, Rubén Darío et Léon Bloy, rien ne permet de deviner la combinatoire mise en œuvre. "Tout se poursuit ainsi jusqu'à ce qu'un élève pose cette question : Qui de vous deux va m'aider ? L'élève, qui mesure cinquante centimètres, ressemble à un nourrisson. Alberto s'approche de lui et le prend dans ses bras. À ce moment-là, trois événements coïncident : Alberto est une vieillle, je constate qu'il est momifié et l'élève-nourrisson a une tête de vache clairement médiévale."
On sait dès lors quoi faire : accepter de se laisser emporter pour "calmer sa nervosité".
Éric Dussert. Le Matricule des anges n°154, juin 2014 

17 juin 2014

Salon du livre d'artiste | Nîmes | 20-21 juin



León et Aurelio Diaz Ronda vous attendent sur le stand du Grand Os au Salon du livre d'artiste à la Bibliothèque Carré d'Art de Nîmes les vendredi 20 et samedi 21 juin 2014 de 10h à 18h. Présentation des ouvrages singuliers et des éditions courantes de la maison. Entrée libre.

29 mai 2014

Marché de la Poésie 2014 / Paris



Qu'ils crèvent, les artistes.  
Tadeusz Kantor


Face à la croissance démesurée du nombre de lecteurs de poésie et l'explosion consécutive des ventes de livres du genre sus-dit, les organisateurs du Marché de la poésie ont raisonnablement décidé d'allonger d'une journée la durée de cette 32e édition qui aura donc lieu du mercredi 11 au dimanche 15 juin 2014 place Saint-Sulpice à Paris. L'occasion d'épuiser les petits éditeurs pendant cinq jours (soit cinquante-deux heures de présence effective sur les stands). On achève bien les chevaux... A l'issue de ce marathon, aura-t-on encore l'énergie et l'envie de publier des livres ? De poésie, pas sûr... 

Frais et dispos pour l'instant et jusqu'à nouvel ordre, nous invitons les âmes charitables à venir soutenir in vivo la performance, ou simplement à découvrir, et pourquoi pas acquérir, les livres édités par nos soins, notamment les tout derniers : 

Le Citron métabolique de Laurent Albarracin (auteur qu'on pourra rencontrer le samedi 14 juin de 15h à 16h sur notre stand matricule 205) 


Quoi faire, roman de l'Argentin Pablo Katchadjian (on notera la présence de l'un de ses traducteurs tout au long du marché)


Antoine Brea, quant à lui, derrière ou devant des piles d'exemplaires de Simon le Mage (Le grand os, 2009) et de Roman dormant (Le Quartanier, 2014) dont Le grand os avait en son temps publié un chapitre dans le n° 3 de la revue LGO, vous attend de pied ferme samedi 14 de 17h à 18h


 
On pourra également admirer un choix de livres d'artistes ou d'exemplaires uniques de Valeria Pasina (également présente sur le Marché), Leon Diaz Ronda, Diego de los Campos, entre autres. 



Enfin, cette année, Le Grand Os accueillera sur sa table de dissection une sélection d'ouvrages des éditions Le Corridor bleu, parmi lesquels L'échelle magnanime, recueil de notre ami Julien Starck qui honorera le stand 205 de sa lumineuse personne samedi 14 et dimanche 15 juin


Qu'on se le dise. 

Place Saint-Sulpice
Paris 6e 
mercredi 11 juin : 14h-22h30
jeudi 12 : 11h30-22h30
vendredi 13 : 11h30-22h30 
samedi 14 : 11h30-22h30 
dimanche 15 : 11h30-20h 

Le Grand Os est au stand 205
 

23 mai 2014

Quoi faire sur Le Clavier Cannibale


collage (détail) : Valeria Pasina

Etrange / pénétrant : l'argentique Katchadjian, tel est le titre-ritournelle de la note de lecture que l'écrivain et traducteur Claro, sur son blog Le Clavier Cannibale, consacre à Quoi faire de Pablo Katchadjian. Extrait et lien vers l'article :
"Katchadjian travaille la différence et la répétition dans une langue désossée et beckettienne, à la fois sereine et schizoïde, mettant en loop une suite d'incidents frappés du sceau onirique, où deux protagonistes ne cessent de titubuter (yes: tituber + buter) sur la rhétorique du récit, conscients d'être dans un rêve, ou plutôt un cauchemar, s'y prenant les pieds, la tête, et vivant la répétition comme s'il s'agissait d'une pathologie inédite. Les thèmes deviennent motifs, les motifs virus, les virus mots. Le rêve est souvent le grand clou rouillé de la maison littérature : ici, il est enfoncé avec précision et talent. "
Claro, Le Clavier Cannibale, 22 mai 2014. Lire la note complète

Quoi faire, roman de Pablo Katchadjian (éd. Le grand os, mai 2014) 
traduit de l'espagnol (Argentine) par M. Gómez Guthart et A. Diaz Ronda.

22 mai 2014

Quoi faire sur Fric Frac Club




collage (détail) : Valeria Pasina

Guillaume Contré chronique longuement Quoi faire de Pablo Katchadjian sur Fric Frac Club. L'article s'intitule Le système, l'irrationnel et la liberté et va bien au-delà de la simple note de lecture. Il y est question d'avant-garde, de simplicité, de littérature argentine, de Borges, d'Aira, de jeu, de libre arbitre, d'humour... L'auteur de l'article, un mordu de littérature argentine, a lui-même traduit en français un autre roman de Pablo Katchadjian, Gracias (traduction inédite à ce jour), c'est dire s'il sait de quoi il parle… Ça donne par exemple ceci : 
"Quoi faire, d’un geste ample et d’une simplicité qui le rend d’autant plus efficace, met bas ce château de carte quelque peu racorni aux quatre coins que l’on nomme par habitude et entre deux bâillements « roman », et non content d’en avoir flanqué à terre toutes les cartes, encore faut-il qu’il se permette de n’en rien réordonner. En effet, s’il y a bien une chose que le lecteur, même le plus lent au démarrage, remarquera très vite une fois ouvert l’élégant petit volume (…) c’est la non-linéarité d’un récit qui semble fonctionner sur le mode de la combinatoire ; une combinatoire entendue comme un « système », c’est-à-dire comme un mode opérant uniformément tout au long du texte et qui en constitue la colonne vertébrale – un espace en général plutôt occupé par le ou les personnages, par le thème ou n’importe quel autre des usuels colifichets romanesques."
Ou encore… 
"Quoi faire est une grande machine inclusive dédiée à avaler tout ce qui l’entoure, un trou noir où l’absurde et l’humour règnent en maîtres. S’il y a bien une chose qui signe le talent particulier de Pablo Katchadjian le formaliste, c’est la capacité à transformer l’essai formel en pur diamant dont la liberté inédite est le meilleur atout pour se permettre de manier l’air de rien les grands « absolus » comme s’ils étaient des objets tout neufs."

Pour lire la chronique complète, c'est ici, sur Fric Frac Club : 

Pour suivre les écrits critiques de Guillaume Contré, on recommande son blog :

Et pour commander Quoi faire de Pablo Katchadjian (Le Grand os, 2014) c'est là :

10 mai 2014

Cri & co | En Compagnie des Barbares | Toulouse


Du 20 au 24 mai 2014 à 21h au Théâtre du Grand Rond à Toulouse, En Compagnie des Barbares propose un Objet Théâtral Non Identifié à partir du recueil cri & co de Christophe Macquet (Le grand os, 2008). 


La représentation sera suivie d'un tirage pour un spectateur à la fois du Tarot des fétiches (cartes de Karine Marco et textes d'Ana Tot).


Renseignements et réservations : Théâtre du Grand Rond

20 avr. 2014

Quoi faire / Pablo Katchadjian



titre : Quoi faire
auteur : Pablo Katchadjian 

roman traduit de l'espagnol (Argentine) 
par Mikaël Gómez Guthart et Aurelio Diaz Ronda 


104 pages / 13 x 18 cm / dos carré collé 
couverture à rabats (collage : Valeria Pasina - conception graphique : t2bis
isbn : 978-2-912528-19-3 / éditions le grand os / collection Poc ! 

L'ouvrage en langue originale a été publié par l'éditeur argentin Bajo la luna en 2010 sous le titre Qué hacer.

parution :  5 mai 2014 

12 € (+ 1,50 € de frais de port)  


Lire un extrait sur ce blog


4e de couverture

Une question insoluble posée par un étudiant géant d’une université anglaise déclenche une série d’options invraisemblables qui se présentent aux deux protagonistes, Alberto et le narrateur, comme autant de sentiers qui se télescopent plutôt qu’ils ne bifurquent. Le pari de Pablo Katchadjian est osé autant que rusé, puisque on y trouvera tous les ingrédients laissant supposer qu’on est en train de lire un roman. Et, effectivement, c’est un roman, dans lequel les éléments constitutifs du genre sont tous au service de la langue et d’un ordre narratif singulier : l’intrigue, non linéaire, est une suite jubilatoire de croisements, de cercles, d’ondes de fréquences variables ; les personnages – élèves, soldats, simples d’esprit, buveurs… – se transforment en systèmes aberrants ; les décors – universités, tranchées, tavernes, bateaux, banques… – se substituent les uns aux autres sans toutefois ébranler la structure. Si les contenus sont irrationnels, dit le narrateur lors d’un énième retour à la scène de départ, le système des contenus, lui, est la seule chose rationnelle et nous devrions compter là-dessus. Peut-on compter sur l’avertissement pour décrypter la logique de ces rêves imbriqués ? Serait-ce au contraire un rapport mystérieux ? Une hypothèse erronée ? Un terrain miné ? Un double ? Une simple blague ? Et pour rejoindre cette île où il y a tout, faut-il plonger ou rester sur un pont qui est aussi un bateau ? Que décider ? Que faire ? Si le narrateur n’en sait rien, Alberto, lui, saura sûrement quoi faire 

« Si le livre regorge de talent, si par moments il frise le génie, s’il produit un effet de lecture grâce auquel bonne partie de la littérature argentine contemporaine cesse sur-le-champ d’être intéressante pour paraître compassée, conventionnelle et pratiquement inutile, c’est parce que Quoi faire ne verse pas dans le non sens, au contraire : c’est le grand roman contemporain de l’expansion, du foisonnement, de la mutation du sens. (…) Le chef-d’œuvre de Katchadjian. Un chef-d’œuvre tout court. » 
Damián Tabarovsky  


L'auteur 

Pablo Katchadjian, écrivain, poète et éditeur, est né en 1977 à Buenos Aires où il réside. Il a publié dans plusieurs maisons d’édition argentines des livres de poésie et de fiction, parmi lesquels El cam del alch (IAP, 2005), El Martín Fierro ordenado alfabeticamente (IAP, 2007), El Aleph engordado (IAP, 2009), Gracias (Blatt & Ríos, 2011), La cadena del desánimo (Blatt & Ríos, 2012) et La libertad total (Bajo la luna, 2013). Quoi faire (Qué hacer, Bajo la luna, 2010) est son premier ouvrage traduit en français. 


Revue de presse 

« Un apparent délire certainement pas moins kaléidoscopique et érudit que, par exemple, l’œuvre d’un César Aira, à ceci prêt que c’est un peu comme si les 70 ou 80 romans du sieur Aira (ou Borges, ou Laiseca, ou n’importe quel autre argentin dynamiteur…) se retrouvaient condensés, malaxés, thésaurisés, mutés, compactés et finalement mélangés pour devenir la pâte de base d’un petit texte de cent pages – sorte de dynamitage au carré - dont la densité ne cessera d’étonner tout lecteur disposé à jouer le jeu (c’est-à-dire tout bon lecteur). Quoi faire, certainement, et à l’instar de nombre des grands textes de la littérature argentine, est une entreprise superbement ludique. »
Guillaume Contré, in Fric Frac Club, 20 mai 2014. Lire tout l'article

« L'effet – la lecture – est évidemment hypnagogique. L'absurde et l'angoisse s'égalisent, l'humour reste comme suspendu, le sens échappe aux scrutations: seul subsiste et palpite le pur récit déglingué, où le même et l'autre se tirent la bourre, porté par la tension de l'inéluctable. C'est le premier livre traduit de Pablo Katchadjian, auteur né en 1977: espérons que les autres ne tarderont pas. (Et bravo à Valeria Pasina et à ses collages, mis en couverture par t2bis: grâce à eux, le livre n'en est que plus magique.) » 
Claro, in Le Clavier Cannibale, 22 mai 2014. Lire tout l'article 

« Ce livre est d'une assez grande singularité. Il faudrait mêler Inception au Jour sans fin pour le définir dans ses grandes lignes, à condition toutefois que le mélange soit effectué par Macedonio Fernández lui-même. » 
Éric Dussert, in Le Matricule des anges n°154, juin 2014. Lire tout l'article

« La structure comme seul objet et sujet. Quoi faire est d’abord cela : la mise en œuvre dans son cadre même de ce qui est sensé répondre, dans le roman (ou le récit, ou l’essai, bref la chose écrite), à la question : quoi faire ?  En n’omettant pas (et dépassant ainsi le seul cadre éthéré d’un texte-programme), comme le sous-tend la question, l’évidence d’un agir. » 
Librairie Ptyx, 24 juin 2014. Lire tout l'article

« Une pépite absolue ! » 
Philippe Guazzo, Librairie Le Comptoir des mots, juin 2014. 

« ... c’est proprement fascinant. » 
Philippe Annocque, in Hublots, 28 juin 2014.


29 mars 2014

Quoi faire de P. Katchadjian / premières lignes en v.f.


Quoi faire par Valeria Pasina

" Alberto et moi donnons un cours dans une salle de classe d’une université anglaise lorsqu’un étudiant nous apostrophe sur un ton agressif : Lorsque les philosophes parlent, ce qu’ils disent est-il vrai, ou bien s’agit-il d’un double ? N’ayant pas compris la question, nous nous regardons, Alberto et moi, un peu nerveux. Alberto réagit le premier : il s’avance et lui répond qu’il est impossible de le savoir. L’étudiant, mécontent de la réponse, se lève : il mesure deux mètres et demi. Puis il s’approche d’Alberto, l’attrape par le col et commence à l’ingurgiter. Les étudiants et moi, quoique parfaitement conscients du danger, nous nous mettons à rire, tandis qu’à demi plongé dans la bouche de l’étudiant, Alberto, riant lui aussi, dit : Ça va, ça va. Après ça, nous nous retrouvons dans un square. Un vieux est en train de donner à manger à une dizaine de pigeons. Alberto s’approche de lui, mais un pressentiment me pousse à l’en dissuader ; toutefois, pour une raison ou pour une autre, je ne peux rien faire. Avant qu’Alberto ait pu l’atteindre, le vieux se transforme, d’une certaine manière, en pigeon et tente de s’envoler, sans succès. Alberto lui place des attelles sur les ailes et lui annonce qu’il sera vite guéri, son problème étant tout à fait banal. Le vieux a l’air content. Nous nous retrouvons ensuite dans les toilettes d’une discothèque. Pour une raison que j’ignore, nous sommes dans les toilettes des femmes. Entrent alors cinq très belles filles apprêtées, tout en sueur tellement elles ont dansé. L’une d’elles semble particulièrement ivre ou droguée. Alberto, mal intentionné, se rue sur elle. D’après ce que je vois, elle se laisse faire, bien qu’on ait du mal à comprendre ce que veut Alberto, puisqu’il se contente de se trémousser contre elle comme si son corps le démangeait ; elle, de son côté, fait la même chose, ce qui donne l’impression qu’ils se grattent mutuellement. Les quatre autres filles s’approchent de moi et tous les cinq nous nous mettons soudain à faire quelque chose d’incompréhensible. C’est comme si la scène était censurée. Je remarque alors que les filles sont vieilles, tout en entendant Alberto parler de Léon Bloy à la plus éméchée. Il lui explique que celui-ci voulait être un saint et qu'il souffrait de ne pas y arriver. Il lui décrit la scène où Véronique s’arrache toutes les dents, et bien qu’Alberto ne fasse aucun mouvement il donne l’impression de vouloir arracher les dents de la fille. Je l’attrape par la capuche de son blouson et le traîne hors des toilettes. On dirait qu’Alberto est en chiffon, il est tout léger. (…) "

Extrait de Quoi faire de Pablo Katchadjian  
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Mikaël Gómez Guthart et Aurelio Diaz Ronda 

À paraître en avril 2014 aux éditions Le grand os dans la nouvelle collection poc ! (fictions nocturnes & proses hypnagogiques)

Lire l'extrait en version originale.

23 mars 2014

Qué hacer / revue de presse argentine


Quoi faire par Noémie Merono

À quelques semaines de la parution de Quoi faire, traduction française de Qué hacer, roman de l'Argentin Pablo Katchadjian, voici des extraits de chroniques consacrées au livre par quelques critiques littéraires argentins, au premier rang desquels l'écrivain Damián Tabarovsky, que les lecteurs français connaissent. Nous les donnons traduits en français. On pourra lire les articles complets en espagnol en cliquant sur les liens.

Qué hacer de Pablo Katchadjian. Buenos Aires : Editorial Bajo la Luna, 2010.
 

"Si le livre regorge de talent, si par moments il frise le génie, s’il produit un effet de lecture grâce auquel bonne partie de la littérature argentine contemporaine cesse sur-le-champ d’être intéressante pour paraître compassée, conventionnelle et pratiquement inutile, c’est parce que Qué hacer ne verse pas dans le non sens, au contraire : c’est le grand roman contemporain de l’expansion, du foisonnement, de la mutation du sens. Les deux personnages principaux sautent d’une scène à l’autre grâce à une série de coupures imprévisibles, revenant sans cesse sur les mêmes lieux, selon la dialectique de la différence et de la répétition, de l’autre et du même, comme une façon, non pas d’abolir, mais à l’inverse de pousser à l’extrême la question du sens."
Damián Tabarovsky, in « La novela del sentido » Perfil.com, 10 octobre 2010
http://www.perfil.com/contenidos/2010/10/10/noticia_0007.html

"Premièrement, les procédés littéraires principaux de
Qué hacer sont l’association, la variation et la condensation : bateaux qui en même temps sont des universités, momies qui se transforment en vieux chiffons, etc. Deuxièmement, la structure des chapitres n’obéit pas au déroulement de l’intrigue, mais imite directement le fonctionnement onirique : outre les répétitions et les déplacements, les personnages raisonnent comme dans les rêves, ils ont des certitudes inexplicables face à la situation à laquelle ils sont confrontés, ils changent de lieu à chaque instant et vont même jusqu’à subir des moments de censure. Troisièmement, le récit va à toute vitesse, comme s'il était urgent de rendre compte du moindre détail du rêve avant qu’il ne sombre dans l’oubli, en ignorant, comme il se doit, la logique causale de l'état de veille. Quatrièmement, la combinaison formelle reproduit efficacement deux figures obligées du surréalisme : le mystère et l’humour."
Damián Selci, in Los Inrocks libros, 13 décembre 2010
http://inrockslibros.wordpress.com/2010/12/13/pablo-katchadjian-que-hacer/ 
  
"Pablo Katchadjian est l’un des auteurs les plus intéressants de la littérature argentine contemporaine. On peut même dire qu’il est un des jeunes auteurs les plus intéressants, mais c’est sans importance. Ce n’est pas tant la jeunesse qui caractérise l’écriture de Katchadjian que sa nouveauté, en ceci qu’elle parvient avec aisance à déployer un air d’inédit si tant est que la littérature puisse se renouveler. Qué hacer est son chef d’oeuvre. Et même un chef d’oeuvre tout court. On conviendra parfaitement que cette affirmation puisse paraître hâtive ; l’auteur, étant donné son jeune âge et ses prédispositions, continuera certainement d’écrire et ses futurs romans atteindront probablement le niveau de Qué hacer. Un texte ne se hisse pas au rang de chef d’œuvre par simple comparaison : le chef d’œuvre est un absolu, et Qué hacer ne déroge pas à la règle (il s’agit, dans son cas, d’un chef d’œuvre contemporain puisqu’il questionne l’idée même de chef d’œuvre)." 
Damián Tabarovsky in Perfil.com, 04 février 2012
http://www.perfil.com/ediciones/columnistas/-20122-648-0022.html


D'autres notes de lecture :


L'illustration en tête de cet article est l'œuvre de Noémie Merono, qui nous livre ici sa lecture toute personnelle du roman (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Le grand os aura l'occasion de revenir sur cette artiste toulousaine que nous apprécions beaucoup. En attendant, nous recommandons vivement la visite de son blog : http://noemiemerono.blogspot.fr/

16 mars 2014

Quoi faire / extrait en v.o.


Pour les lecteurs hispanophones, voici le début, en version originale, de Qué hacer, le roman de l'Argentin Pablo Katchadjian que Le grand os publiera le mois prochain dans une traduction française concoctée par Mikaël Goméz Guthart et Aurelio Diaz Ronda sous le titre Quoi faire. Avec l'aimable autorisation des éditions Bajo La Luna.
Que les lecteurs francophones imperméables à la langue de Borges et de Cortázar veuillent bien patienter quelques jours : nous mettrons en ligne très prochainement le même extrait en version française (À lire en cliquant sur ce lien).

" Estamos Alberto y yo enseñando en un aula de una universidad inglesa cuando un alumno, con tono agresivo, nos pregunta: cuando los filósofos hablan, ¿lo que dicen es cierto o se trata de un doble? Alberto y yo nos miramos, un poco nerviosos por no haber entendido la pregunta. Alberto reacciona primero: se adelanta y le responde que eso no se puede saber. El alumno, descontento con la respuesta, se pone de pie (mide dos metros y medio de altura), se acerca a Alberto, lo agarra y empieza a metérselo en la boca. Pero aunque esto parece peligroso, no sólo los alumnos y yo nos reímos sino que Alberto, con medio cuerpo adentro de la boca del alumno, se ríe y dice: está bien, está bien. Después Alberto y yo aparecemos en una plaza. Un viejo le está dando de comer a un grupo de unas diez palomas. Alberto se acerca al viejo y yo presiento algo y quiero detenerlo, pero por algún motivo no puedo. Antes de que Alberto llegue al viejo, el viejo, de alguna manera, pasa a ser una paloma y trata de volar, pero no puede. Alberto le entablilla las alas y le dice que se va a curar muy pronto, que su problema es muy normal. El viejo parece contento. Después aparecemos en un baño de una discoteca. Por algún motivo, estamos en el baño de mujeres. Entra un grupo de cinco chicas muy lindas y arregladas, transpiradas de tanto bailar. A una de ellas, que parece estar muy borracha o drogada, Alberto se le acerca con intenciones y se le tira encima; por lo que veo, ella le deja hacer lo que él quiere, aunque no se entiende qué quiere él, porque sólo se refriega contra ella como si le picara el cuerpo; ella responde del mismo modo, por lo que parece que se estuvieran rascando mutuamente. Las otras cuatro se acercan a mí y de repente estamos los cinco haciendo algo que no se entiende. Es como si la escena estuviese censurada. Entonces noto que las chicas son viejas, a la vez que oigo que Alberto le habla a la borracha sobre León Bloy. Le dice que quería ser santo y que sufría porque no podía. Le cuenta la escena en la que Verónica se arranca todos los dientes, y, aunque Alberto está quieto, parece como si quisiera arrancarle los dientes a la chica. Lo agarro de la capucha de su campera y lo arrastro afuera del baño. Alberto parece hecho de trapo, es muy liviano. (…) "
Extrait de Qué hacer de Pablo Katchadjian. Buenos Aires : Editorial Bajo la Luna, 2010. Colección buenos y breves.

14 mars 2014

Des nouvelles du Citron… (4)


Karine Marco

Périne Pichon met son grain de sel dans l'affaire du Citron métabolique. Sa libre critique du livre vert de Laurent Albarracin est parue dans les News du dimanche 9 mars sur le site Libr-critique-la-littérature-dans-toutes-ses-formes. Extrait et lien vers l'article à continuation : 
" Un mode sous-tension, entre le possible et l’inexistant, pour décrire un monde aux allures de promesse. On est suspendu au « presque », piqué par l’acidité de l’agrume. Et par les jeux de langage du poète qui dessine un univers sphérique, où les extrémités se touchent et le peu devient « [ ...] l’ombre / du beaucoup ». Partis du jeu des sons, les mots se rapprochent : « côtelé » et « cauteleux » ; « oscillation », « vieille scie du monde », et fournissent l’illusion d’une similitude tronquée. Les lettres sont toujours les mêmes, pourtant les noms changent. Ce processus familier devient étrange quand il part d’un zeste d’agrume. " P. Pichon
Lire l'article complet sur Libr-critique

Laurent Albarracin. Le Citron métabolique. Le Grand os, 2013.