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17 oct. 2012

À propos de Simon le mage



On découvre, en flânant sur MEMBRANE, le blog de Romain Verger, une chronique récente du Simon le mage (et autres poèmes) d'Antoine Brea, qu'on vous invite à découvrir… Le papier et, bien sûr, le livre paru en 2009 à notre enseigne (avec des dessins de Diego de los Campos, dont celui de la couverture, reproduit ici).

Un extrait de l'article :
S’il émane de ces poèmes une vision éclatée de l’existence, anxieuse et tourmentée, c’est aussi du poème lui-même, de sa frénésie et de sa force diluvienne que vient sa rémission. (…) les identités s’échangent, les espèces et les règnes s’interpénètrent, mais dans une grande dinguerie ludique offerte par les possibilités du langage… (Romain Verger)
Lire la chronique complète 
 

27 oct. 2011

Portrait landscapes / livre d'artiste

  
 
 
 
 

Portrait landscapes


un livre d'artiste de Diego de los Campos 

création : septembre 2001

13 portraits - techniques mixtes 
format : 21 x 30 cm 
couverture cousue, cartonnée et peinte

exemplaire unique 



Feuilleter le livre complet sur ce lien 

  

5 sept. 2011

Homme-viande



Après L'homme de merde de Tarkos (voir message précédent) positivons un peu avec Homem carne (l'homme-viande) une video de l'Uruguayen Diego de los Campos. En attendant d'autres images animées de cet artiste dont les œuvres graphiques et les livres d'artistes sont diffusés par Le grand os. 

2 juin 2011

Bendito veneno / livre d'artiste




Bendito veneno

un livre d'artiste de Diego de los Campos 
(peintures, dessins et textes) 

création : septembre 2008 

format : 15 x 21 cm - 22 pages
couverture cousue, ornée d'une gravure sur bois
 

exemplaire unique 


Feuilleter le livre complet sur ce lien 


11 mai 2011

Asrev-eciv / un poème de Huilo Ruales Hualca

 

Asrev-eciv

L’homme insuffla la solitude à la poussière et dieu naquit
depuis lors tout est vice-versa

L’abîme tombe dans le corps et vice-versa
L’arbre sème des oiseaux et vice-versa
Le chasseur est un sifflement dans l’œil du jaguar et vice-versa
Et vice-versa est la folie de l’incendie qui trouve enfin le repos dans la cendre

Tout est vice-versa
L’étape utérine, la calvitie, la montagne qui monte
la montagne qui descend, tout est vice-versa

L’habitude furieuse de se fuir soi-même
La grand-route où la parole de Kerouac découvrit la soif illimitée
le poète noir d’Artaud pendu comme une stalactite dans le ciel
tout est vice-versa

s’extirper les yeux avec les ongles et vice-versa.
s’arracher les ongles avec les dents et vice-versa.
tout est vice-versa, mettant du lilas sur les pommettes des gens
et faisant rouler leurs yeux sur l’asphalte. Vice-versa. 


Vice-versa est aussi proche, aussi coûteux, aussi naturel que l’amour et l’épouvante
Vice-versa n’est pas à vendre : on l’exproprie, on en hérite, on le contrefait
l’angoisse s’étend sur les marchés et vice-versa.
Les attraits de la pâtisserie augmentent avec l’anorexie et vice-versa.
tant de vice-versa ivre, bouche folle et démaquillée , tignasse comme le soleil
tyrannisant les rues.
vice-versa dans les lits ou vice-versa.
vice-versa dans les toilettes publiques où les araignées se régalent dans le jacuzzi.
vice-versa dans l’oubli qui érode l’histoire jusqu’à la vraisemblance.
Lacan est un lutin solitaire dans les bibliothèques des asiles.
Vice-versa.
Ses beaux enfants barbus comme des conquérants déambulent
par les commissures de l’incertitude, de la gloire, de la banque.
Tellement alter-egos, tellement entéléchies, ses n-enfants sans zyeux, ses zenfants sans hyeux. Vice-versa.
Antigone ne méritait ni le silence ni la mort
mais cela fut préférable au silence et à la mort. Heureuse nouvelle !
Caresses parmi les crochets et les masques de cuir sans orifices.
C’est la matrie de la fête et Vice-versa
et les culs des pucelles à cheval sur les nuages défèquent de la naphtaline en couleurs.
Hourra, dit Lezama Lima, les poètes entonnent Un hourra victorieux face à la mort. Vice-versa.
Foucault, en plus d’avoir froid, a tout à fait raison mais l’artefact est de la dynamite au paradis de la peur.
Dans l’Organisation Mondiale du Spleen.
La réalité est une somme de semelles vues d’en bas mais que l’on voit d’en haut, d’où l’on ne voit rien. Vice-versa.
Le langage castre, ment, salit, usine, standardise, évide.
Le langage tue.
Vice-versa tue.
La mort langagise.
Le vide nous langue.

Malcom Lowry boit avec la ferveur d’un suicidaire survivant qui a peur d’être éternel.
Derrière lui la ville des miroirs en forme de couteaux, de crucifix et de sexes à trois têtes se tétanise.
La ville où les morts se marient, sont heureux, se tuent, sont de plus en plus heureux, et finissent par se tuer.
Finissent par devenir d’heureux rongeurs atterrés, construisant avec leur propre humidité la ville souterraine. Vice-versa.
Spiderman, astre total sans estime de soi, s’enfuit sur les toits de la certitude, de l’incertitude, de la révélation contenue dans les mots mercuriels de Lamborghini.
Lamourghini ou la mort. Nous perdrons.
Et Vice-versa autant que Fiord qui consiste en Cela Ki Ne se Dit pas puisqu’Il n’y a Pas Moyen.
Le langage est une pierre sur notre tombeau vide. Vice-versa.
Pierre aveugle, magma, fossile du feu, éclair enroulé dans l’ombre du scorpion. Vice-versa.
Le langage est la jambe orthopédique du danseur sur glace.
Le langage est le sexe métallique pour la messe sodomite au-dessous de la glace
Le langage est  un squelette avec un téléphone collé à l’orifice de la tempe par où est entré le sifflement de la balle en fa dièse mineur. Vice-versa.

Le langage est la montagne qui aplatit les oiseaux
Le langage est la mémoire oubliée de la Mort
Le langage est le lait de la Mort dont les seins sont sucés jusqu’à la sénilité par les enfants du futur impératif
et de la planète de Vice-versa.
 



Huilo Ruales Hualca
traduit de l'espagnol (Équateur) par Aurelio Diaz Ronda extrait de l'anthologie "Poèmes noirs / Poemas negros" à paraître à l'enseigne du grand os en édition bilingue en novembre 2012.


Dessin de Diego de los Campos   




5 sept. 2009

Simon le mage / Antoine Brea

titre : Simon le mage (& autres poèmes)
texte : Antoine Brea
avec cinq dessins de Diego de los Campos

parution : juin 2009

60 p. / 15 x 11 cm / dos carré collé / isbn 978-2-912528-09-4 / collection Lgo

9 € (+ 1,50 € frais de port) 
On en a dit : 

Dans Simon le mage, l’enfer a pour ainsi dire commencé, ici-bas et maintenant, parmi des vivants qui n’en ont que le nom, pris dans un monde où tout a le goût du sang. Brea passe le quotidien au crible de cet enfer dantesque. Ainsi de ces gueules patibulaires croisées tout au long de la journée, sur les quais de métro ou dans les allées des supermarchés, qui dessinent une sorte de purgatoire facial. 
(Romain Verger, Membrane, octobre 2012 - Lire la chronique complète) 

Les poussées lyriques y alternent avec des anecdotes et dialogues "à fleur d’os", une poésie en si et des ritournelles que la fantaisie fait basculer dans le coq-à-l’âne. Idéal pour vous accompagner durant vos vacances dans la moindre petite poche…
(Fabrice Thumerel, Libr-critique, juin 09 - Lire l'article complet) 

On aime bien à ré pon nou la poésie de Brea, tiraillée entre les appels mystiques et les méandres amoureuses.
(Ré pon nou, le blog des éditions le corridor bleu, juin 09)

Un poème extrait du recueil :

cris d'animaux

la vache chante, la baleine tueuse
les moutons feulent, le daim brait
les veaux dansants, l’ours caracoule
et moi je pleure dans l’atmosphère
le perdreau huit, le loup jument
le chien barrit parmi les rats
le lièvre gronde, l’âne se débrouille
la panthère pue si je la mange
la nuit est blonde aux animaux
je sens la bête, mon cri se fêle
si je me meurs le porc corbine
le porc et le rhinocéros
dans mon malheur les buses pleurotent
le corbeau bave et me survole
des goélands pendent à mon cou
j’ai peur, j’ai froid, je crie du sang
et j’implore les êtres du ciel
mais les chevaux traînent ma carcasse
des poissons me brisent les mains
je hurle, les phoques me recouvrent
prisonnier nu sous la banquise


On peut lire un autre poème du recueil sur Sitaudis.fr et encore un autre, très court, sur Hublots, le blog de Philippe Annocque.


À propos de l'auteur :

Antoine Brea, né en 1975, vit à Paris. Il anime plusieurs blogs dont un journal. A publié les ouvrages Fauv (éd. Hache, 2001), Méduses (Le Quartanier, 2007), Après ma ronde (Derrière la salle de bain, 2009) et dans plusieurs revues, dont LGO n°3.

Brea, c’est ce qui reste quand on a longtemps râpé. Méthodiquement, rageusement, depuis tout petit râpé la psychologie, les intentions, la pénible dentelle des identités. Brea, c’est ce qui reste quand on a rejoint enfin le réel au carré, « la paix carthaginoise » célébrée dans son roman Méduses. (…) Brea, c’est le nerf nu de nos remuements, nos états enfin visibles, sentis, rendus en phrases impeccablement brisées. La vitalité et l’humour de ses textes sont sans pareils. 
(Alban Lefranc, extrait de sa présentation de l'auteur dans LGO n°3 - Lire l'article complet)

17 août 2009

LGO n°1 / revue & CD

Parution : juin 2007

Sommaire papier :
Christophe Macquet / cri & co
Antonio Ansón / Ce message est pour toi dont la solitude est aussi grande que la mienne
Mathurin Beaudet / Le jour de l’ouverture, suivi de C’est un monde
André Robèr / Tout domoun isi lé kréol, suivi de Astèr Lèr Talèr
Edith Azam / Pinpin Grokouyon et autres textes
Les dessins sont de Diego de los Campos

+ CD audio / Lectures et entretiens de Edith Azam et André Robèr

86 p / papier 160 g / 16 x 16 cm / reliure spirale sous couv. couleur
13 € (+ 1,50 € frais de port) 

ACHETER

Tirage-de-tête : vingt exemplaires, numérotés de 1 à 20, comprenant un dessin original de Diego de los Campos (au prix de 50 € l'exemplaire)

Direction de la revue : Aurelio Diaz Ronda & Sébastien Lespinasse
Création graphique : t2bis


On en a dit :

Dans son propos liminaire, LGO/Le Grand Os développe une conception de la poésie, manifeste héritière d'entre autres Poézi proleter et de Facial, que les textes corroborent, illustrent, développent, prouvent, nourrissent, étayent. Le graphisme soigné, le CD audio et les illustrations, participent également de la très flagrante cohérence de l'ensemble. La pertinence se mesure alors aussi à l'aune de l'y évidente adéquation entre la déclaration augurale et les pratiques. (S. Goffinet & S. Braguier, CCP n°16, oct. 2008)

Entendre Edith Azam lire ses textes, c'est autre chose que les lire à part soi. Idem pour André Robèr dont l'entretien nous fait prendre la mesure du poids de la langue d'origine (le créole) dans l'écriture et le dire. (Ici é là n°7, sept. 07)