La performance à l'affiche du Printemps de Septembre 2010 à Toulouse.
Pour LGO/Le Grand Os, c'est à la librairie Ombres Blanches, le jeudi 14 octobre à 20 h.
Un beau petit carnet en bristol blanc, doté d'une spirale. Une couverture protège l'ensemble, ornée d'un dessin de Valeria Pasina où des tasses et soucoupes tendent vers l'abstraction en s'accumulant. On retrouve ce même principe d'accumulation — de mise en mottes ? — dans les poèmes (un par page) d'Ana Tot qui constituent ce carnet. La lecture silencieuse donne rapidement une envie d'oralisation de par le travail de répétition et de permutation de ces poèmes découpés par la versification ou des tirets verticaux. Certains trouveront cela trop formaliste. Moi pas. Ana Tot arrive à ne pas faire tourner la machine textuelle à vide et semble savoir stopper ses procédés à temps.
Au-delà d'une simple conformation à l'existant, cette poésie, et c'est là qu'elle atteint des sommets, cherche à établir une esthétique neuve, non plus seulement fondée sur l'opposition des contraires ou sur leur annulation, mais sur un maintien de la contrariété, de la discorde entre les choses au sein d'une totalisation nouvelle, paradoxale.(…) L'écriture d'Ana Tot, par un subtil dosage de questionnements, d'humour, de renvoi des questionnements à leur vanité, parvient à une légèreté qui confine à l'ébriété. Elle provoque chez le lecteur le vertige des évidences démolies avec l'aplomb de l'évidence.
… un livre hybride, paradoxal, déconcertant. Juste. Un de ces livres qui d'emblée nous interloque : interrompt notre élocution, la désarticule et du même coup nous donne envie. Envie de lire avant tout, tout en perdant nos repères disjonctifs, la chanson ou la raison, l'image ou le concept, sans les perdre en même temps!
